Haïti – Sécurité : Déploiement effectif de la Force internationale de répression des gangs
• 2 juin 2026
P-au-P, 02 juin 2026 [AlterPresse] --- La Force internationale de répression des gangs (Frg) est désormais engagée sur le terrain à Port-au-Prince, marquant le passage de la phase de planification à celle des opérations, selon un message publié sur le réseau social X par l’entité et consulté par AlterPresse.
« La Frg est sur le terrain à Port-au-Prince. Les forces patrouillent et la mission est passée de la planification à l’action. Avec la portée, les capacités et le mandat nécessaires pour intervenir là où c’est requis, ce n’est que le début », indique ce message.
Des patrouilles sont en cours dans le cadre d’un mandat prévoyant des interventions ciblées, en coordination avec les forces de sécurité haïtiennes. La mission prévoit également une capacité d’action autonome, appuyée par des moyens aériens et maritimes, afin de réduire la capacité opérationnelle des gangs et de favoriser une stabilisation progressive du territoire.
Selon les autorités impliquées dans la coordination du dispositif, le déploiement de la Frg devrait être complété d’ici octobre 2026. À terme, la force pourrait atteindre environ 5,500 personnels d’ici la fin de l’année 2026, constitués en grande majorité de contingents militaires.
Des troupes sont attendues, notamment du Tchad, du Salvador, du Guatemala, du Sri Lanka, de la Côte d’Ivoire et du Bangladesh, dans le cadre de cette montée en puissance internationale.
Cette planification a été discutée lors d’une séance de travail le 22 mai 2026 entre le titulaire du Minisètre haïtien de la défense, Mario Andrésol, et le commandant de la FRG, le général Erdenebat Batsuuri. Les échanges ont porté sur les aspects logistiques, liés à l’intégration progressive de ces contingents.
Cette force « n’est pas une fin en soi », mais un instrument destiné à permettre aux institutions haïtiennes de reprendre progressivement le contrôle du territoire, a indiqué, en avril 2026, le représentant spécial de la Frg, Jack Christofides, au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu).
Le 14 mai 2026, les Nations unies ont officialisé la nomination du général Erdenebat Batsuuri comme commandant de la Frg. Officier mongol comptant plus de 30 ans d’expérience dans les opérations de maintien de paix, son arrivée à Port-au-Prince a été présentée comme une étape clé du renforcement opérationnel du dispositif.
Début avril 2026, le gouvernement des États-Unis a salué le déploiement de troupes supplémentaires ainsi que l’arrivée de responsables du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (Banuh), estimant que la Force internationale de répression des gangs (Frg), avec cet appui, contribuera à améliorer la sécurité et la stabilité du pays.
Une forte dégradation de la situation sécuritaire est par ailleurs observée. Entre le 6 mars et le 16 mai 2026, au moins 390 personnes ont été tuées lors d’affrontements entre groupes armés à Cité Soleil et à Croix-des-Bouquets, selon des données de l’Onu.
Sur la même période, au moins 87 maisons et bâtiments publics ont été incendiés, tandis qu’environ 30,000 personnes ont été déplacées, selon le Programme alimentaire mondial (Pam).
Dans le département de l’Artibonite, de nouveaux affrontements ont fait quatre morts, dont trois policiers, le 29 mai 2026, à Carrefour Robert, sur la route de Verrettes.
Selon la Police nationale d’Haïti (Pnh), les forces engagées dans une opération contre des gangs ont essuyé des tirs nourris. L’institution affirme avoir récupéré les corps des victimes et déployé des renforts pour poursuivre les opérations et tenter de reprendre le contrôle de la zone.
Alors que la Frg entame ses premières opérations, les autorités annoncent une phase d’intensification des interventions sur plusieurs fronts, dans un contexte où les violences armées continuent d’affecter fortement la capitale et plusieurs régions du pays. [apr 02/06/2026 05:00]
Haïti-Sécurité : la PNH annonce son retour à Village de Dieu après cinq ans d’inaccessibilité
• 2 juin 2026
P-au-P., 2 juin 2026 [AlterPresse] --- La Police nationale d’Haïti (PNH) affirme avoir repris pied dans le quartier de Village de Dieu, au sud de la capitale, à l’issue d’une vaste opération lancée depuis deux semaines et intensifiée le lundi 1er juin 2026, dans une zone restée hors de portée des forces de l’ordre depuis environ cinq ans.
Selon la direction de communication de l’institution policière, des unités spécialisées ont franchi les lignes de défense de groupes armés qui contrôlent ce secteur stratégique de Port-au-Prince, ouvrant la voie à une incursion au cœur de ce fief gangrené par les violences.
Dans l’après-midi du 1er juin, les forces de l’ordre ont investi le quartier pour engager des affrontements directs avec des hommes armés qualifiés de « gangs terroristes » par les autorités policières. Le bilan provisoire fait état de plusieurs individus mortellement blessés et de six fusils d’assaut saisis, selon la PNH.
Les opérations se poursuivent encore ce mardi 2 juin 2026, les forces de l’ordre affirmant maintenir la pression à l’intérieur de la zone afin de consolider leur avancée et neutraliser les poches de résistance.
La PNH a, par ailleurs, exhorté la population à éviter le secteur durant la période des interventions, en raison du niveau élevé de dangerosité et de la persistance des échanges de tirs.
Un bastion gangrené et un précédent meurtrier
Village de Dieu demeure l’un des principaux bastions du groupe armé dirigé par Johnson André, alias « Izo 5 segonn », dont l’influence s’étend sur plusieurs axes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
L’accès au quartier était devenu quasiment impossible pour les forces de sécurité depuis environ cinq ans.
Ce nouveau déploiement intervient dans un contexte marqué par la mémoire de l’opération du 12 mars 2021, au cours de laquelle six policiers avaient été tués lors d’une intervention dans ce même quartier.
Des organisations de défense des droits humains avaient alors dénoncé de graves défaillances dans la planification et la coordination de l’opération, ayant exposé les agents à une embuscade meurtrière.
Offensive policière et recomposition du dispositif sécuritaire
L’opération de la PNH s’inscrit dans un contexte de recomposition du dispositif sécuritaire, marqué par le déploiement progressif de la Force internationale de répression des gangs (FRG) à Port-au-Prince, désormais engagée dans des opérations actives après la phase de planification.
Dans un message publié sur le réseau social X, la FRG indique que ses unités « patrouillent » dans la capitale. La mission dispose d’un mandat lui permettant de mener des actions ciblées en coordination avec les forces haïtiennes, tout en conservant une capacité d’intervention autonome appuyée par des moyens aériens et maritimes.
La montée en puissance de cette force devrait se poursuivre jusqu’en octobre 2026, avec un effectif projeté d’environ 5 500 personnels d’ici la fin de l’année, principalement issus de contingents militaires de plusieurs pays, dont le Tchad, le Salvador, le Guatemala, le Sri Lanka, la Côte d’Ivoire et le Bangladesh.
Entretemps, on observe une forte dégradation de la situation sécuritaire dans la capitale et dans plusieurs régions du pays.
Selon des données de l’Organisation des Nations unies (ONU), au moins 390 personnes ont été tuées entre mars et mai 2026 dans des affrontements entre groupes armés à Cité Soleil et à Croix-des-Bouquets. Sur la même période, des dizaines de bâtiments ont été incendiés et environ 30 000 personnes déplacées, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).
Dans le département de l’Artibonite, de récents affrontements ont également fait plusieurs victimes, dont des policiers, illustrant l’extension géographique des violences armées.
Une opération à forte portée symbolique
Le retour des forces de l’ordre à Village de Dieu constitue une avancée symbolique dans un espace longtemps considéré comme inaccessible aux unités policières.
Toutefois, les précédents échecs et les pertes enregistrées lors d’opérations similaires continuent de nourrir les interrogations sur la planification, la coordination et la durabilité des opérations de reconquête territoriale.
Alors que la PNH et la force internationale nouvellement déployée multiplient les interventions, la capitale haïtienne demeure confrontée à une recomposition violente des rapports de force entre gangs armés et institutions de sécurité, alors que la population civile reste fortement exposée. [apr 02/06/2026 19 :00]
