Pour lire les articles cliquez sur le lien.
Quelques nouvelles en bref.
Kidnappings à Gros-Morne et Delmas : cinq victimes, dont trois figures publiques
À Gros-Morne, dans le département de l’Artibonite, la directrice de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), Stéphanie Paultre, deux policiers affectés à sa sécurité ainsi que Me Caleb Jean-Baptiste ont été enlevés au cours du week-end écoulé, selon des sources concordantes.
Le Nouvelliste
08 sept. 2026
À Gros-Morne, dans le département de l’Artibonite, la directrice de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), Stéphanie Paultre, deux policiers affectés à sa sécurité ainsi que Me Caleb Jean-Baptiste ont été enlevés au cours du week-end écoulé, selon des sources concordantes. Par ailleurs, le journaliste de Télé Métropole, Wesly Renaud Jean, a été kidnappé à Delmas 31, le dimanche 6 septembre 2026.
Cette transition qui n’en finit pas
Décret électoral, calendrier électoral, insécurité et dysfonctionnements …
Constatant que leurs dirigeants et aspirants-dirigeants n’abordent pas les questions essentielles, c’est-à-dire les problèmes économiques et les problèmes de société, et agissent peu, les Haïtiens sentent avec dédain et colère que les maux dont souffre Haïti ne sont pas seulement l’insécurité et l’impunité, la pauvreté, la corruption et l’exclusion, mais aussi l’incompétence ou, pis, l’absence de conviction programmatique de ses élites possédantes et dirigeantes.
Elections ???
Par Pierre-Raymond Dumas
08 sept. 2026
Constatant que leurs dirigeants et aspirants-dirigeants n’abordent pas les questions essentielles, c’est-à-dire les problèmes économiques et les problèmes de société, et agissent peu, les Haïtiens sentent avec dédain et colère que les maux dont souffre Haïti ne sont pas seulement l’insécurité et l’impunité, la pauvreté, la corruption et l’exclusion, mais aussi l’incompétence ou, pis, l’absence de conviction programmatique de ses élites possédantes et dirigeantes. La transition post-Jovenel Moïse est gérée aussi bien par la classe politique, par le secteur privé des affaires qui a joué un rôle décisif à travers le président Laurent Saint-Cyr dans le maintien au pouvoir d’Alix Didier Fils-Aimé. Et c’est important de le rappeler à dessein ! L’inquiétant, encore une fois, c’est qu’on n’éprouve plus le besoin de faire participer les citoyens électeurs aux décisions qui sont prises en leur nom. Dieu sait si nos dirigeants provisoires se soucient peu de l’état de l’opinion qui s’exprime sur les réseaux sociaux avec tant de stupéfaction et de colère. L’évaluation, toujours factuelle, du processus électoral est, certainement, sujet d’inquiétudes et de controverses radicales en ce qui a trait au déphasage entre le décret (troisième version) et le calendrier (premier tour prévu le 30 août 2026 – repoussé au 13 décembre 2026). Tout est élaboré pour rendre le processus électoral inopérant à bien des égards !
Depuis l’après-Ariel Henry, opposants au pouvoir en place et candidats de tout acabit se relaient avec ferveur pour dénoncer certains articles du Décret électoral révisé par le gouvernement provisoire à des fins politiciennes (l’article 153 composé de 26 alinéas, l’article 130 qui impose à toute plateforme ou structure agréée de soumettre une liste de 30.000 membres, adhérents ou sympathisants en particulier) et le Calendrier électoral qu’ils jugent irréaliste, inapplicable. Les uns comme les autres fustigent l’exemple inquiétant de l’improvisation du CEP, fait remarquer Claude Joseph qui a signé le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections et de l’incompétence de l’équipe au pouvoir, surenchérit Himmler Rébu, qu’engendre ce mélange épouvantable lorsqu’il s’interpénètre à profusion ou de scandale. Explosif processus électoral que celui-là, où tant de confusions et d’insatisfactions (les défaillances techniques du système d’inscription en ligne des 30.000 membres, le temps trop court dédié à la campagne électorale, l’opacité du processus d’inscription des électeurs lancé le 20 juillet 2026 risque de priver de leur droit de vote une grande majorité de nos concitoyens), de fraudes massives et de ressources publiques détournées (le scandale de la vente présumée ou effective de données et du racket entourant la question des 30.000 adhérents) sont aussi capables de faire échec à la tenue d’élections transparentes et crédibles pour des raisons de communication, de neutralité, d’inclusion, de confiance. Le commerce des fausses / vraies cartes Dermalog ressemble à une bombe à fragmentation. Publié le 31 août 2026, à la suite d’une série de consultations avec des groupements et partis agréés sur les dysfonctionnements du processus électoral, le Communiqué de presse de la Primature a résumé avec beaucoup de précision l’ensemble des difficultés et des irritants relevés auxquels le CEP doit apporter une attention immédiate pour éviter une nouvelle crise électorale.
L’Observatoire pour la bonne gouvernance et la Démocratie a présenté le 3 septembre 2026 une analyse fine du processus électoral avec ses manquements ou failles tout en suggérant une série de corrections nécessaires. Autant d’éléments d’analyse qui montrent que le processus est à bien des égards mal parti risquant d’entraîner une crise encore plus grave pour le pays. S’il est un domaine où le débat doit être préféré au tapage ou à la fuite en avant, c’est bien celui-là. On ne se débarrasse pas du tumulte ou de la cacophonie sur le plan électoral par le seul rite des plateformes ou des manipulations médiatiques. Mais l’opinion, si j’en juge d’après les informations qui circulent publiquement, se pose d’autres questions. On pense, l’œil fixé sur les manœuvres gouvernementales et alliés, à la ratification populaire dont on n’en sait absolument, au faible taux de participation populaire (René Préval a fait 1.500.000 votes, Michel Joseph Martelly 750.000 et Jovenel Moïse 500.000), à l’absence pathologique du Conseil électoral permanent, au vote improbable de la diaspora, à l’inexistence d’élites responsables et éclairées, à la perte de notre souveraineté, non à nos criseurs et spécialistes en fraudes électorales pas souvent abouties dont la gesticulation incongrue montre la profondeur effrayante de leur amnésie. Ah ! ces funestes éternels agitateurs et patatistes ! …
Reste la question de la neutralité du gouvernement intérimaire qui a tout l’air d’être juge et partie à la fois, si l’on en croit Renald Lubérice de RED, Michel Legros (Myel), Pierre Franky Exius (Delivrans), Jean Wilson Hyppolite (Platfòm Politik Gras pou Ayiti), Debloke (Michel Joseph Martelly) et d’autres organismes non publics qui ont écrit au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qui avait promis avec hardiesse d’ici les mois juillet / août 2026 la réouverture des routes du Sud, du Nord et de Mirebalais. La position « isolée » ou silencieuse du CEP à ce sujet demeure compréhensible parce que ce dernier évolue sous la menace de rumeurs de changement en son propre sein par l’exécutif monocéphale.
Qui dira enfin clairement que les élections ont besoin de plus de temps ?
Elections encore !!!
Plus d’un mois et demi après l’ouverture des inscriptions des électeurs, le Conseil électoral provisoire (CEP) n’a toujours pas franchi le cap du million d’électeurs inscrits sur toute l’étendue du territoire.
Par Frantz Duval
08 sept. 2026
Plus d’un mois et demi après l’ouverture des inscriptions des électeurs, le Conseil électoral provisoire (CEP) n’a toujours pas franchi le cap du million d’électeurs inscrits sur toute l’étendue du territoire.
Pour cette seule raison, déjà, la date du 13 décembre annoncée pour le premier tour des élections générales ne tient pas la route.
Parce que le CEP n’a toujours pas mis en route une véritable campagne de communication pour expliquer le sens de l’inscription et la nécessité de s’inscrire pour pouvoir voter, parce que le nombre de centres d’inscription est insuffisant, parce qu’ils sont trop éloignés des lieux de vie des Haïtiens en âge de voter, la date du 13 décembre ne tient pas la route.
Quand seuls 23 partis et regroupements politiques sur 105 ont pu achever l’inscription de leurs adhérents et que les autres invoquent, à tort ou à raison, les difficultés qu’ils rencontrent, la date du 13 décembre ne tient pas la route.
Les élections sont faites pour les électeurs et pour les organisations politiques. Si les uns comme les autres sont en retard, le calendrier électoral doit être repoussé, d’autant plus que le Conseil électoral provisoire a manifestement sous-évalué les différentes étapes et l’ampleur des difficultés du processus.
Organiser en Haïti de bonnes élections – ou, à tout le moins, des élections de bonnes factures, ce qui n’est pas tout à fait la même chose – exige des délais compatibles avec le temps incompressible nécessaire à l’accomplissement des différentes démarches.
Il ne faut pas supprimer l’obligation de s’inscrire pour pouvoir voter, il faut davantage de communications et d’explications pour atteindre les électeurs. Et plus de temps pour les convaincre.
Il ne faut pas réduire le nombre d’adhérents exigés des partis politiques, il faut leur donner plus de temps pour réunir ces adhésions et les enregistrer sur la plateforme mise en place à cet effet.
Il ne faut ni éliminer ni réduire la liste des documents légaux requis pour pouvoir présenter une candidature. Il faut donner plus de temps aux acteurs politiques pour réunir toutes les pièces indispensables.
Haïti n’a pas organisé d’élections depuis 2016, il faut donner du temps à la machine électorale, aux acteurs et aux électeurs. L’obligation de respecter la date du 13 décembre ne doit pas servir de prétexte pour bousculer les règles ni pour bâcler le scrutin.
Le vrai défi pour Haïti et les Haïtiens n’est pas d’organiser, à tout prix et dans n’importe quelles conditions, des élections le 13 décembre 2026. Le vrai défi est de parvenir à tenir, peu importe la date, des élections crédibles, dont les résultats puissent être acceptés par le plus grand nombre.
Maintenant que le Conseil électoral provisoire va connaître son troisième président sans avoir organisé le moindre scrutin qui dira enfin clairement que les élections ont besoin de plus de temps pour une meilleure organisation.