USA Fin du statut de protection temporaire pour Haïti

Partout dans le monde, la fin ou la diminution des aides aux plus pauvres est un drame dont on ne parle pas. les Etats Unis, sous le gouvernement Trump, on drastiquement diminué leurs aides. América first...cynisme first !
Des millions d’enfants en souffrent, des millions de femmes et d’hommes sont jetés dans la misère...pour que des nantis aux fortunes indécentes et inimaginables puissent s’enrichir encore. Ce qui fait de nous des humains ne semble plus exister pour ces gens qui dirigent le monde.

Haïti, ce que nous dit la fin du TPS

Le statut de protection temporaire, le fameux TPS, accordé aux Haïtiens par les États-Unis d’Amérique après le séisme du 12 janvier 2010, a officiellement pris fin le 27 juillet 2026.

Frantz Duval
27 juil. 2026

Le statut de protection temporaire, le fameux TPS, accordé aux Haïtiens par les États-Unis d’Amérique après le séisme du 12 janvier 2010, a officiellement pris fin le 27 juillet 2026.

Pendant seize ans, grâce à ce dispositif, des centaines de milliers de compatriotes ont pu vivre, étudier, travailler et s’investir aux États-Unis en toute légalité.
Parmi les bénéficiaires, depuis 2010, il y a eu des Haïtiens arrivés dans le pays avant et après le séisme, certains grâce à un visa, d’autres grâce au programme Biden ou après avoir traversé les frontières américaines d’une façon ou d’une autre.

Au-delà des histoires humaines magnifiques qui se sont écrites aux États-Unis où des Haïtiens ont pu vivre dans une paix et une sécurité introuvables en Haïti, les centaines de milliers de bénéficiaires du TPS ont fait vivre, grâce aux revenus de leur travail, dix fois plus de personnes restées au pays et ont soutenu l’économie haïtienne en général grâce aux transferts et aux investissements directs en Haïti.

Si le gouvernement américain ne change pas d’avis, dans les prochains mois, nos compatriotes qui n’ont pas eu le temps de changer de statut seront expulsés ou contraints de quitter les États-Unis. C’est un coup terrible pour chacun d’entre eux, pour leurs proches et pour le pays.

La fin du TPS et le désarroi qui s’installe soulignent que, depuis 2010, les gouvernements haïtiens successifs n’ont jamais élaboré de véritable politique destinée à accompagner et à conseiller les migrants. Nos autorités n’ont fait que bénéficier de la sueur de leur front.
Pire, l’État haïtien n’a ni réussi la reconstruction de l’après-tremblement de terre ni converti les milliards envoyés au pays par la diaspora depuis l’instauration du TPS en développement, en bien-être ou en croissance économique. Et, catastrophe absolue, nos différents gouvernements de l’après 2010 ont plongé le pays dans un chaos institutionnel et une succession de vagues de violence.

La misère, les gangs, la décroissance économique et le sentiment d’un sauve-qui-peut généralisé, principales productions, année après année, de gouvernements élus ou provisoires aussi inutiles les uns que les autres, ont contribué à éloigner les Haïtiens du pays, à les dissuader d’y revenir et à les effrayer à la seule évocation d’un retour forcé.

Le TPS octroyé en 2010 disait les malheurs d’un pays démuni frappé par une catastrophe naturelle. Ses reconductions successives soulignaient l’aggravation continue de nos problèmes. Sa fin, qui inquiète tant, mesure à quel point Haïti a échoué à se relever dans tous les domaines.

Aujourd’hui, dans l’attente de décisions de la justice américaine, encore saisie du dossier, et de celles de l’administration du président Donald Trump, les seules entités qui défendent la cause des Haïtiens sont des élus démocrates, aujourd’hui dans l’opposition, mais qui n’avaient pas cherché à résoudre le problème quand ils étaient au pouvoir, et des associations américaines de défense des droits humains.

Il n’y a pas de véritable plaidoyer de la nation haïtienne auprès des autorités américaines. Il n’y a aucun lobby financé par les bénéficiaires haïtiens des milliards envoyés par la diaspora. Le silence est assourdissant alors que, pendant seize ans, toutes les entreprises en Haïti ont fait leur beurre grâce à la sueur des bénéficiaires du TPS et des autres Haïtiens de la diaspora.

La fin du TPS et l’apathie des classes possédantes, qui y assistent comme si elles n’étaient pas concernées, disent beaucoup de l’échec d’Haïti dans tous les domaines.
Il n’y a pas d’élections, ça ira. Il n’y a pas de bonne gouvernance, ça ira. Il n’y a pas de sécurité, ça ira. Il n’y a pas d’emplois dans les usines de la sous-traitance, ça ira. Il n’y a pas de résultats dans l’agriculture, ça ira. Il n’y a plus de transferts, ça ira.
Ça ira, tel semble être le credo de ceux qui auraient dû défendre chaque millimètre d’espérance et chaque bouffée d’oxygène.

Pour en savoir plus sur ce qui se passe aux USA concernant les TPS cliquez

Pour en savoir plus sur les modification du droit d’asile aux USA en ce moment cliquez sur le lien.