Depuis près de cinq ans, nous savons que les enfants, en Haïti, sont des victimes innocentes du désordre, des violences, de la misère.
il y a ceux qui ne mangent pas à leur faim, qui ne peuvent aller à l’école, qui meurent sous les balles des gangs, qui ne peuvent pas se soigner...
une bonne partie d’entre eux sont obligés d’entrer dans des gangs ultraviolents qui les droguent et les obligent à être en première ligne. Quand des membres de gangs sont tués, ce sont souvent des enfants, des adolescents.
Haïti où sont tes banquiers et tes hommes d’influence ?
Cette semaine, le nom de Jacques Attali a été cité dans deux circonstances.
Frantz Duval
01 juil. 2026
Cette semaine, le nom de Jacques Attali a été cité dans deux circonstances.
D’abord par l’homme d’affaires Richard Coles qui a indiqué lors d’une interview accordée à Haïti Inter que Jacques Attali prépare une feuille de route pour Haïti à la demande d’un regroupement d’acteurs du secteur privé souhaitant présenter un programme à la communauté internationale et aux futurs candidats aux prochaines élections appelées à se tenir dans les prochains mois...
Le nom de Jacques Attali a aussi été au centre du premier forum national des investissements. Le penseur français a fait une présentation magistrale par visio-conférence à l’occasion de la rencontre organisée à Pétion-Ville, lundi 29 juin 2026, par l’Union européenne.
Attali n’est pas n’importe qui. Brillant, il a fréquenté les grandes écoles françaises (Polytechnique, Sciences Po, l’ENA) avant de servir de conseiller au président français François Mitterrand pendant des années. Homme de réseaux et conseiller des puissants, il a fondé en 1991 et a été le premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Curieux et prolifique, Attali est l’auteur de près d’une centaine d’ouvrages sur des sujets variés. Touche à tout, il dirige également des orchestres symphoniques à travers le monde.
Avec son cabinet de conseil, il élabore aussi des recommandations pour des pays qui font appel à ses capacités. L’un d’entre eux n’est autre que la République dominicaine, notre voisin. En matière de gouvernance et d’investissement, son expérience est difficilement contestable. Mais c’est l’auteur qui nous intéresse ici.
Au milieu des années 80, Attali publie « Un homme d’influence », consacré à la vie et à l’œuvre du banquier d’affaires anglo-allemand Sir Siegmund Warburg. Il y retrace le destin de ce grand banquier, héritier d’une illustre dynastie bancaire juive allemande, qui brille dans son pays avant de tout perdre avec l’arrivée des nazis au pouvoir. Contraint à l’exil, à Londres, il rebâtit patiemment une banque d’affaires qui deviendra l’une des plus puissantes de son temps.
La partie la plus prenante du livre permet de découvrir l’influence de Sir Siegmund Warburg sur la finance mondiale. Toute sa vie, il n’a eu de cesse d’imaginer des solutions, des produits, des chemins pour permettre à la finance de mieux servir l’économie réelle et d’apporter des réponses aux crises. Visionnaire et inventif, Sir Siegmund Warburg fait partie de ce modèle de banquier et d’homme d’influence qui manque dans le paysage haïtien.
Car comment comprendre les retards pris par Haïti depuis un demi-siècle sans mettre en cause les dirigeants à commencer par les ministres de l’Économie et des Finances, les gouverneurs de la Banque de la République d’Haïti, tous les directeurs d’institutions financières du pays, les économistes et autres conseillers de présidents et de premiers ministres qui n’ont pas su convertir nos crises en opportunités ni nos catastrophes en leviers de reconstruction et de développement.
Le secteur financier haïtien, les banques commerciales et l’État haïtien ont toujours géré les ressources publiques comme l’épargne des Haïtiens sans parvenir à en faire des instruments de transformation économique. Ils n’ont jamais réussi à valoriser ni l’aide internationale ni les transferts massifs de la diaspora qui alimentent la consommation et le commerce bien davantage que l’investissement productif.
Tous nos dirigeants et hommes d’affaires, banquiers et autres devraient se plonger dans le plan de Jacques Attali élaboré pour la République dominicaine et son ouvrage « Un homme d’influence ». Pas pour y trouver des recettes miracles ou les secrets de la réussite, mais pour comprendre une méthode de recherche de solutions.
Car il ne faut pas l’oublier, chercher des solutions aux problèmes de douze millions d’Haïtiens n’est pas seulement une exigence morale, c’est aussi une aventure économique susceptible de générer une immense valeur et d’être extraordinairement profitable pour les banquiers, les investisseurs et tous ceux qui savent voir plus loin que le court terme.
Pour mieux comprendre ce qui a fasciné Jacques Attali dans le parcours de Sir Siegmund Warburg et pourquoi cet ouvrage mérite encore d’être lu aujourd’hui, nous vous invitons à lire la présentation de l’auteur disponible sur internet et sur le site de son éditeur, Fayard. Nous espérons qu’elle donnera l’envie de découvrir ce livre, dont la lecture nous paraît aussi éclairante qu’inspirante pour tous ceux qui s’interrogent sur le rôle des banquiers, des investisseurs et des hommes d’influence dans le développement d’une nation.
196 321 Haïtiens expulsés de la République dominicaine au premier semestre 2026, selon la DGM dominicaine
La Direction générale des migrations (DGM) de la République dominicaine a annoncé avoir expulsé un total de 34 226 ressortissants haïtiens en situation irrégulière au cours du mois de juin.
Le Nouvelliste
01 juil. 2026
Le bureau de la Direction générale de la Migration de la République dominicaine
La Direction générale des migrations (DGM) de la République dominicaine a annoncé avoir expulsé un total de 34 226 ressortissants haïtiens en situation irrégulière au cours du mois de juin. Ce qui porte le nombre total de rapatriements à 196 321 pour le premier semestre 2026, informe le journal Dominican Today dans son édition du 1er Juillet.
Selon l’agence, depuis la prise de fonction du vice-amiral Luis Rafael Lee Ballester à la tête de la DGM le 1er octobre 2024, le nombre total de migrants haïtiens sans papiers rapatriés s’élève à 670 500. Ces opérations ont été menées avec le soutien des forces armées et d’autres services de sécurité de l’État, dans le cadre du renforcement de la politique d’immigration du gouvernement.
Le 30 juin, les autorités ont interpellé 980 étrangers en situation irrégulière et en ont expulsé 1 041 à la suite d’opérations menées dans plusieurs provinces, dont le Grand Saint-Domingue, Santiago, Pedernales, Elías Piña et Dajabón.
Il convient de rappeler que ce resserrement des mesures migratoires en République dominicaine tient ses origines au mois d’octobre 2024 lorsque les autorités dominicaines ont concocté un plan visant à rapatrier 10 000 Haïtiens chaque semaine en vue de contrôler les vagues de migrations irrégulières venant d’Haïti.
D’un autre côté, la Direction générale de l’immigration dominicaine a indiqué qu’elle va poursuivre sa coordination avec les organisations internationales de défense des droits humains afin de garantir le respect de la dignité des personnes concernées par les procédures migratoires.
