Une semaine en Haïti N° 1740 5 février 2026

La crise politique, les rumeurs de coup d’État… ont ralenti la progression des forces de l’ordre, regrette Mario Andrésol
Les tensions politiques au sommet de l’État, marquées notamment par la volonté affichée de cinq membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que les rumeurs persistantes de coup d’état, ont impacté négativement les efforts de sécurité constaté depuis la fin du mois de décembre 2025.
Jean Junior Celestin
Les tensions politiques au sommet de l’État, marquées notamment par la volonté affichée de cinq membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que les rumeurs persistantes de coup d’état, ont impacté négativement les efforts de sécurité constaté depuis la fin du mois de décembre 2025. C’est le constat dressé par le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, invité le 3 février 2026 à la 35e édition du programme gouvernemental « Les Mardis de la nation ».
« On a des objectifs. Au moment où j’ai déclaré sur radio Magik 9 que les routes nationales à l’entrée Nord et Sud de la capitale seront débloquées au 7 février, je le croyais fermement. Et c’était tout à fait possible. J’avais des données pour le soutenir. Si j’avais à le faire je ferais la même déclaration », a déclaré Mario Andrésol, révélant que les turbulences politiques ont freiné la progression des forces de l’ordre.
« Avec les rumeurs de coups d’état, le directeur général de la Police nationale d’Haïti était contraint d’interrompre les opérations. Il avait priorisé le renforcement des sites stratégiques et l’environnement immédiat de certaines zones clés de la capitale avec les véhicules blindés et les resources humaines impliquées dans les opérations », regrette Mario Andrésol, informant que les opérations étaient interrompues pendant près de deux semaines. Selon l’ancien directeur général de la PNH, cette situation a compromis les plans des forces de l’ordre pour le rétablissement de la sécurité.
Le secrétaire d’État à la Sécurité publique annonce par ailleurs que les forces de l’ordre ont repris les opérations dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. « Les opérations ont repris mais ce n’est pas encore à plein régime. Les avancées enregistrées ce week-end à Tabarre et à la Croix-des-Bouquets, sont peu significatives devant ce que peuvent réellement faire et ce qui est planifié par les forces de l’ordre en terme de rétablissement de sécurité », confie Mario Andrésol.
« Avec la coordination et la synergie qu’il y a aujourd’hui, on va certainement arriver à faire ce que j’ai annoncé en terme de déblocage des routes nationales », a-t-il soutenu à condition que les turbulences politiques s’amenuisent.
Interrogé sur le fait que jusqu’ici aucun chef de gang n’ait été neutralisé ou arrêté pendant les opérations des forces de l’ordre, soutenues par les militaires contractuels privés, le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique a confirmé que les chefs de file sont les cibles prioritaires. Il a toutefois souligné la nécessité d’adapter la stratégie sur le terrain.
« Si un des chefs de gangs est neutralisé, n’importe qui dans la structure du gang peut le remplacer. À l’inverse, si toute la structure est neutralisée, les petits soldats tués, le chef de gang n’a d’autre choix que de se rendre ou d’être stoppé. C’est exactement ce qui est en train d’être fait à la Croix-des-Bouquets comme un cas récent. Pendant les opérations, plusieurs gangs proches du chef de fil ont été tués », a expliqué Mario Andrésol, qui n’écarte pas au passage la possibilité de neutraliser un chef de gang si l’occasion se présente.
Le dimanche 1er février, la PNH a informé la population que ses opérations se poursuivaient dans la commune de la Croix-des-Bouquets. « Trois bandits ont été mortellement blessés, et deux armes de gros calibre, dont un AK-47 et un HK G3, ont été saisies lors d’une opération policière menée ce jour par la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la commune de Croix-des-Bouquets », a précisé la PNH dans une note.
« Cette intervention s’inscrit dans le cadre des opérations continues de la PNH visant à neutraliser les groupes armés et à rétablir l’ordre public dans la zone. Les individus concernés étaient activement impliqués dans des actes criminels mettant en péril la sécurité de la population », souligne la PNH dans la note.

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