Terreur et déplacements forcés dans l’Artibonite

En semant la terreur, les gangs chassent les populations de leurs quartiers, villages et villes. Les massacres se succèdent, la population civile, faute de police, s’organisent en brigades de défense, mal organisées, mal armées, créant une atmosphère de guerre civile.

Les gangs cherchent à prendre les villes qui sont des noeuds routiers importants pour tenter de s’installer dans tout le pays.

Saint-Marc : la population exige le démantèlement du gang Gran grif de Savien.

Le nombre de familles ayant fui leur zone d’habitat ne cesse d’augmenter.

La journée du lundi 1er décembre 2025 a été une journée mouvementée à Saint-Marc, suite aux attaques armées qu’a connues la localité de Pont-Sondé dans la soirée du samedi 29 novembre 2025.

Louis Chadrac Le nouvelliste
02 déc. 2025

La journée du lundi 1er décembre 2025 a été une journée mouvementée à Saint-Marc, suite aux attaques armées qu’a connues la localité de Pont-Sondé dans la soirée du samedi 29 novembre 2025. De violentes manifestations populaires spontanées, du matin au soir, ont paralysé la ville.
Occupées par des organisations politiques locales, des élèves des deux lycées et des foules de Sondélais réfugiés à Saint-Marc, la route nationale numéro 1 et certaines rues transversales de la cité de Nissage Saget ont été bloquées à plusieurs reprises, malgré les efforts de la Police nationale d’Haïti pour faciliter la libre circulation.
Les mouvements de protestation, résultant de n’importe quel rassemblement ou de toute discussion, se dirigeaient vers le commissariat et faisaient passer des messages.
« Si Ponsonde disparèt, Senmak pap epanye », « nou mande fòk Savyen kraze », « nou fout bouke », « Leta ayisyen konplis », « nou vle sekirite », sont quelques-uns des slogans revendicateurs les plus fredonnées par les différents groupes de manifestants en colère.
Tôt dans la journée du lundi 1er décembre, les élèves des lycées du Bicentenaire et Sténio Vincent ont décidé de relâcher de force tous les établissements scolaires de la ville, « en signe de solidarité avec les habitants de Pont-Sondé, victimes, une nouvelle fois, du gang Gran grif de Savien. » Un nombre impressionnant d’élèves de collège ont rejoint leur démarche, mais des écoles ont connu des dommages humains.
À l’appel de la Fédération des organisations du bas Artibonite (FEOBA), des centaines de personnes ont investi les voies publiques pour « se solidariser avec les familles victimes de Pont-Sondé », qui venaient de passer leur première nuit à Saint-Marc, sur la place Philippe Guerrier, sous une pluie indésirable, ils ont obligés la fermeture des bureaux publics, des institutions financières et des entreprises commerciales.
Des initiatives secondaires ont porté des fractions importantes de la communauté sondélaise à exprimer ses frustrations et ses émotions violemment. Les locaux de la Mairie de Saint-Marc, du tribunal de paix et du palais de justice ont été assiégés par les victimes du massacre qui ont saccagé brutalement le bâtiment de l’Office nationale d’assurance (ONA). Munis de bâtons et de pierres, ils criaient d’une seule voix « si lapolis tire, jwèt la ap gate. »
La ville de Saint-Marc a connu davantage d’angoisses dans la soirée du lundi 1er décembre avec la veillée funèbre d’Henri Claude Blanc, dit Ginenkila Kanga-O, volontaire du groupe autodéfense, tombé le 20 novembre 2025 à Kapyat, en plein combat contre les Talibans de Montrouis. Des tirs répétés d’armes automatiques ont paniqué la ville. « Ginenkila fut un guerrier », selon les responsables de la résistance populaire.
Depuis le massacre du samedi 29 novembre 2025 à Pont-Sondé, la ville de Saint-Marc respire la peur. Cernée au Sud par les terroristes de Canaan, et au Nord par ceux de Gran grif, elle devient chaque jour plus consciente des dangers qui la menacent. Elle vit un enfer psychologique.