Haïti : plus de 3.000 personnes tuées entre janvier et juin, selon l’ONU
Plus de 3.000 personnes ont été tuées en Haïti durant les six premiers mois de l’année, a indiqué, vendredi, l’ONU, qui craint que l’expansion de la violence des gangs ne déstabilise d’autres pays des Caraïbes.
Par Le Nouvelliste
11 juil.
Haïti subit depuis longtemps la violence des bandes criminelles, dans un contexte d’instabilité politique. Ces violences se sont encore intensifiées depuis début 2024.
« Entre le 1er janvier et le 30 juin, au moins 3.141 personnes ont été tuées en Haïti », a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, lors de la présentation d’un rapport à Genève.
Kenscoff : La localité d’Obléon attaquée par des bandits de Viv ansanm
La commune de Kenscoff a subi une nouvelle attaque des bandits armés de la coalition criminelle « Viv ansanm », qui ne cessent de multiplier les forfaits contre la population. Tôt ce vendredi 11 juillet 2025, des tirs ont été rapportés dans plusieurs localités, notamment à Obléon, où les bandits ont investi la résidence privée d’un citoyen de la zone.
Haïti subit depuis longtemps la violence des bandes criminelles, dans un contexte d’instabilité politique. Ces violences se sont encore intensifiées depuis début 2024.
« Entre le 1er janvier et le 30 juin, au moins 3.141 personnes ont été tuées en Haïti », a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, lors de la présentation d’un rapport à Genève.
Le rapport, élaboré avec le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), montre que la violence a fortement augmenté au cours des derniers mois, en particulier dans le département du Centre et le bas-Artibonite, alors que les gangs continuent d’étendre leur influence le long des routes clés du nord et du centre du pays, ainsi qu’en direction de la République dominicaine.
« Pris au milieu de cette histoire d’horreur sans fin, le peuple haïtien est à la merci de la violence horrible des gangs et exposé aux violations des droits humains par les forces de sécurité et aux abus des groupes dits d’autodéfense » a déclaré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, dans un communiqué.
Entre le 1er octobre 2024 et le 30 juin 2025, au moins 1.018 personnes ont été tuées, 213 autres blessées et 620 enlevées dans l’Artibonite et le Centre, ainsi qu’à Ganthier et Fonds-Parisien, à l’ouest de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, indique le rapport.
Au cours de la même période, le nombre total d’assassinats en Haïti s’élevait à 4.864, dont au moins 3.141 sur les six premiers mois de 2025.
L’ONU note que la tuerie de masse de Pont-Sondé en octobre dernier, ayant fait plus de 100 morts, a marqué un « tournant majeur dans le cycle de la violence entre les gangs et les groupes dits d’autodéfense ».
Plusieurs autres massacres ont suivi, provoquant des déplacements massifs, notamment dans la ville de Mirebalais (département du Centre) qui, au début de l’année, a vu fuir ses 100.000 habitants.
« Les violations des droits humains en dehors de Port-au-Prince s’intensifient dans les régions du pays où la présence de l’État est extrêmement limitée », a averti Ulrika Richardson, cheffe par intérim du BINUH, dans le communiqué.
Déployée en juin 2024, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) en Haïti, menée par le Kenya, peine à contenir la violence, faute de moyens.
L’ONU indique dans son rapport que l’expansion du contrôle territorial des gangs représente un risque majeur de propagation de la violence et d’augmentation des trafics transnationaux d’armes et de personnes, « susceptible d’entraîner une déstabilisation significative pour les pays de la sous-région des Caraïbes. »
Pour éviter une déstabilisation rapide de la sous-région, l’ONU appelle la communauté internationale « à renforcer son appui aux autorités haïtiennes », ainsi qu « aux organisations internationales et nationales qui assistent les groupes vulnérables. »
En 2022, le Conseil de sécurité a mis en place un régime de sanctions incluant un embargo ciblé sur les armes, renforcé ensuite pour interdire tous les transferts d’armements vers Haïti.
Mais l’ONU souligne que cet embargo se heurte « à des failles majeures dans le contrôle des frontières, tant du côté des pays de provenance ou de transit de ces armes que d’Haïti », qui concernent notamment la capacité à détecter et intercepter les cargaisons illégales.
Par Jonasson Odigène
11 juil. 2025
Contacté par Magik9, l’agent exécutif intérimaire de la commune de Kenscoff, Massillon Jean, a confirmé l’attaque perpétrée contre la localité d’Obléon, tôt ce vendredi 11 juillet. « Les bandits assiègent la zone. Ils occupent la résidence privée d’une personnalité très connue de la communauté. Le gardien a échappé de peu avec l’un de ses fils. Deux autres sont retenus en otage.
L’ONU en Haïti, médecin ou croque-mort ?
Le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) devrait, sauf surprise de dernière minute, être renouvelé lundi 14 juillet 2025 par le Conseil de sécurité.
Par Frantz Duval
11 juil.
Le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) devrait, sauf surprise de dernière minute, être renouvelé lundi 14 juillet 2025 par le Conseil de sécurité.
Les termes et objectifs de la mission devraient rester inchangés ; cependant, la durée de son mandat sera raccourcie. Six mois au lieu d’une année.
Cette réduction du temps de la mission du BINUH s’explique par les incertitudes autour de son efficacité et à cause du flou persistant sur le rôle que doit jouer l’ONU en Haïti.
Les membres du Conseil de sécurité n’arrivent pas, depuis des mois, à se décider sur le déploiement d’une vraie mission de paix en Haïti ni sur un renforcement conséquent de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité que l’ONU épaulerait. Même sur le BINUH il y a des doutes : faut-il y mettre fin ou le renforcer ?
Sans une volonté claire des parties, l’ONU fait du surplace sur le dossier Haïti. Le mini mandat de six mois pour le BINUH est pour voir venir.
Si tout se passe bien, pour le malheur d’Haïti et le bonheur de ses crises, l’ONU poursuivra son rôle de croque-mort plus que celui de médecin. Les bureaux et agences onusiennes vont continuer à comptabiliser les décès de mort violente, les déplacements de population, les indices de l’insécurité alimentaire et les échecs de la Police nationale d’Haïti. Ils seront aussi aux premières loges pour prendre part aux dizaines de célébrations de « journée nationale de », faire comme si on prépare le référendum et les élections. L’ONU restera dans le décor comme un accessoire de films, témoin et complice des autorités haïtiennes.
Haïti a la chance d’avoir l’ONU sur place, mais aussi la malchance de l’avoir dans la splendeur de son inefficacité.
Un médecin peut ne pas pouvoir sauver un malade. Jamais un croque-mort n’a la responsabilité de ressusciter un trépassé. L’ONU en Haïti va-t-elle poursuivre sa mission d’assistance inefficace à pays en détresse ou changer de registre ?
D’ici octobre 2025, on saura si on prolonge tous les outils inadaptés du BINUH et de la MMAS ou si on passe à autre chose.
En espérant que les autorités haïtiennes comprennent finalement leurs responsabilités et les assument.
Violences armées : plus de 16.000 déplacés enregistrés dans le Centre selon l’OCHA
Par Le Nouvelliste
10 juil. 2025
Suite aux récentes attaques, plus de 16.000 personnes ont été forcées de quitter leur foyer dans le département du Centre. Elles rejoignent les 1,3 million de déplacés internes déjà recensés à travers le pays. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), cette nouvelle vague aggrave une crise humanitaire qui touche aujourd’hui 6 millions d’Haïtiens, dont la moitié sont des enfants, dans un contexte de violences, d’effondrement des services et de vulnérabilité extrême des femmes et des filles.
Pour voir l’article de France Info sur l’incendie de l’Hôtel Oloffson, emblématique d’Haïti, cliquez sur le lien.
