Une semaine en Haïti N°1706 Mercredi 11 juin 2025

par Gérard

Toujours plus de violence, toujours plus de victimes. Plus de 500 morts par balle durant le dernier trimestre à Port au Prince !
C’est un pays en guerre dont personne ne parle.
La communauté internationale ne s’en émeut pas.
La souffrance des familles déplacées est indescriptible.
Nos écoles fonctionnent encore mais nous n’avons que très peu de moyens pour les aider. Une école c’est 1500 € par mois...

La violence des groupes criminels provoque 1.3 million de déplacés, selon l’OIM
Haïti a franchi un nouveau record alors que le pays est en proie à la violence des groupes criminels.

Par Jean Daniel Sénat Le nouvelliste.
11 juin

• Haïti a franchi un nouveau record alors que le pays est en proie à la violence des groupes criminels. Selon un nouveau rapport de l’Organisation pour les migrations (OIM), près de 1,3 million de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur d’Haïti, soit une augmentation de 24 % depuis décembre 2024. Cette hausse représente le nombre le plus élevé jamais enregistré de personnes déplacées par la violence dans le pays.

« Derrière ces chiffres se trouvent d’innombrables personnes dont la souffrance est incommensurable : des enfants, des mères, des personnes âgées, dont beaucoup ont été forcées de fuir leur foyer plusieurs fois, souvent les mains vides, et qui vivent désormais dans des conditions ni sûres ni durables », a déclaré Amy Pope, Directrice générale de l’OIM. « Nous devons agir de toute urgence. La force du peuple haïtien est admirable, mais la résilience ne peut pas être leur seul refuge. Cette crise ne doit pas devenir la nouvelle norme. »

Selon l’OIM, en plus de Port-au-Prince qui représente l’épicentre de la crise, la violence des gangs s’étend désormais dans les régions. “Des attaques récentes dans les départements du Centre et de l’Artibonite ont contraint des dizaines de milliers de résidents supplémentaires à fuir, beaucoup vivant aujourd’hui dans des conditions précaires et des abris de fortune. Bien qu’un quart environ des déplacés internes vivent encore dans la capitale, un nombre croissant de personnes fuient vers d’autres régions du pays à la recherche de sécurité. Dans le Nord, le nombre de personnes forcées de quitter leur domicile a augmenté de près de 80 %”, révèle l’OIM.

S’agissant du département de l’Artibonite, fait remarquer l’OIM, la violence à Petite Rivière a, à elle seule, contraint des milliers de personnes supplémentaires à fuir, portant le nombre total de déplacés dans la zone à plus de 92 000. Pour le département du Centre, poursuit l’organisation, la situation est encore plus alarmante. “Les affrontements dans des villes comme Mirebalais et Saut-d’Eau ont plus que doublé le nombre de déplacés en quelques mois, passant d’environ 68 000 à plus de 147 000. Beaucoup vivent désormais sans accès aux soins de santé, à l’école ou à l’eau potable, laissant des familles déjà vulnérables lutter pour survivre”, illustre l’OIM.

Par ailleurs, l’organisation a noté une augmentation du nombre de sites de déplacement spontanés. “ Depuis décembre, ces sites sont passés de 142 à 246. L’augmentation la plus marquée est observée dans des zones auparavant non touchées, comme le département du Centre, qui compte désormais 85 sites. Pourtant, environ 83 % des déplacés vivent chez des familles hôtes, ce qui pèse lourdement sur des ménages déjà surchargés, notamment dans les communautés rurales”, fait remarquer OIM.

L’agence onusienne, dans la foulée, a assuré qu’elle continue de jouer un rôle de premier plan dans la réponse humanitaire. Au cours du mois dernier, elle indique avoir fourni une assistance à plus de 20 000 personnes sous forme de biens essentiels (seaux, ustensiles de cuisine, etc.). Elle a également distribué plus de 3 millions de litres d’eau potable, et fourni des soins de santé de base à 6 000 personnes. “Face à l’ampleur des besoins, l’OIM réitère son appel à la communauté internationale à renforcer son soutien. Sans financement immédiat et sans accès sécurisé, des millions de personnes restent en danger”, exhorte l’organisation.

Ces données publiées par l’organisation surviennent alors que le pays connaît de nouvelles flambées de violence cette semaine. À Mirebalais, département du Centre, les groupes criminels provenant de Canaan et de Croix des Bouquets ont incendié le marché communal le lundi 9 juin. De nombreux dégâts matériels ont été enregistrés. Dans le département de l’Ouest, des affrontements ont éclaté dans la soirée du vendredi 6 juin 2025 entre une coalition formée des bandits de 400 Mawozo et des Taliban dirigés respectivement par Wilson Joseph, alias Lanmò San Jou, et Jeff Larose, alias Gwo lwa, et le gang Chen mechan, dirigé par Claudy Célestin. Ces heurts ont occasionné l’assassinat de deux chefs d’une faction rivale dirigée par Chen Mechan en moins de 48 heures.

Ce mardi 11 juin, la commune de Kenscoff a été également l’objet d’une attaque armée. Selon le maire Massillon Jean, les malfrats, provenant de la localité de Cavri, ont fait intrusion à Viard 2 où ils ont pillé une maison avant de l’incendier. M. Jean a appelé à la consolidation des zones récupérées par les forces de l’ordre pour prévenir un éventuel retour des groupes criminels de la coalition “Viv ansanm”.

Voir en ligne : Une semaine en Haïti N° 1706