Janvier - Février 2009

RAPPORT DE VOYAGE REP. DOMINICAINE et HAITI du 15 JANVIER au 15 FEVRIER 2009

De Gérard RENARD, Secrétaire Général de la Fédération
     Annie COLIN, Vice Présidente de la Fédération et Trésorière Enfants Soleil Bourgogne
     Michel SOULAT, Président d’Enfants Soleil Bourgogne

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Jeudi 15 janvier

Samedi 17 janvier

Dimanche 18 janvier

Lundi 19 janvier

Mardi 20 janvier

Mercredi 21 janvier

Jeudi 22 janvier

Vendredi 23 janvier

Samedi 24 janvier

Dimanche 25 janvier

Lundi 26 janvier

Mardi 27 janvier

Mercredi 28 janvier

Jeudi 29 janvier

Vendredi 30 janvier

Samedi 31 janvier

Dimanche 01 février

Lundi 02 février

Mardi 03 février

Mercredi 04 février

Jeudi 05 février

Vendredi 06 février

Samedi 07 février

Dimanche 08 février

Lundi 09 février

Mardi 10 février

Mercredi 11 février

Jeudi 12 février

Vendredi 13 février

Samedi 14 février

 

Jeudi 15 Janvier :

nous arrivons à 18 h – Metellus Bekens nous attend et nous conduit à l’hôtel « Magic Tropical ». Vendredi matin, 16 janvier, nous trions les sachets de graines que nous avions emportés pour les jardins des bateys et ceux de Verrettes et Thomazeau. A 13 h, nous allons déjeuner sur la plage de Boca-Chica et prenons notre 1er bain dans les eaux turquoises de la mer des Caraïbes ! Ensuite, nous nous promenons dans les rues de Boca Chica. Journée de farniente avant d’entamer notre long périple !

Samedi 17 janvier :

A 7 h nous partons visiter le batey Faro de Guerra de BAYAGUANA (environ 300 personnes y vivent) sur la route de San Pedro où nous sommes accueillis par :
Jean Ronial,  professeur normalien et directeur de l’école, qui exerce aussi ses talents de menuisier en fabricant les meubles et en participant à la réhabilitation du local financé par Enfants Soleil.
Elimena Georgia, professeur
Maximo Perez, professeur
Nous visitons l’école aménagée pour les enfants du batey : 56 enfants de 3 à 8 ans sont inscrits. Ils ont besoin de cahiers, de livres et de matériel scolaire. Il faut prévoir des étagères, refaire le plafond, prévoir un panneau avec le nom définitif. Nous aurons également à prévoir des uniformes pur les enfants (chemise beige, pantalons ou jupes bleu marine).
Les uniformes pourraient être fabriqués en Haïti par les ateliers de Verrettes : 45 $HT pour 3 robes en Chambray + 20 $HT par robe pour la couture, soit 3,50 euros par robe ; 40 $ HT pour un pantalon, soit 4 euros. Nous devrons décider en rentrant de la solution adoptée.

Une cantine pour laquelle les ustensiles ont déjà été achetés, sera également à prévoir sous une tonnelle à construire. Il faudra une aide du Programme Alimentaire Mondial pour les 60 repas par jour prévus.

L’aide à cette école a été décidée un peu vite par les responsables en attendant la construction de celle du Batey Hato de Palma. Nous devrons consulter nos finances pour augmenter cette aide. (photo en fin de rapport)
Puis, nous allons visiter les jardins collectifs ave Fedenel Charles, cultivateur. Nous distribuons des semences potagères aux paysans en leur donnant toutes les explications nécessaires.

Dimanche 18 janvier

Nous retournons au Batey où nous avons rendez-vous à 10 h avec les familles : présentation de l’association et information sur les projets en cours et à venir. Il conviendra de renouveler la location du terrain (2 ha) et de faire un contrat avec le Consortium pour les salaires des professeurs que nous n’avons pas prévus à notre budget.
Au retour, nous faisons le bilan et les comptes. Beaucoup trop de dépenses sans factures. Des zones d’ombre nombreuses sur les réalisations.
Nous téléphonons au Dr Ostene JOSEPH pour lui annoncer notre arrivée en Haïti le mardi 20 janvier, par le bus, comme le souhaitait Gérard ; tant pis pour nous, mais l’aventure c’est l’aventure !

 

Lundi 19 janvier

Départ à 8 h30 pour Santo Domingo où nous faisons des achats pour les enfants du batey Faro de Guerra (livres, albums à colorier, etc…). A 12 h, nous déjeunons à l’Art Café dans le quartier colonial.
A 15 h, nous avons rendez-vous à l’Ambassade de France et sommes reçus par Mme Oriane BATAILLE, chargée de mission FSD (Fond Social de Développement) qui finance des projets en République Dominicaine. Nous lui faisons part de notre projet d’école et de jardins dans le batey. Aucune aide ne peut nous être apportée pour cette année, mais ce projet pourra être soumis en 2010 (il y a 2 comités de sélection par an et le prochain est prévu en Octobre 2009). Désormais, les projets devront de nouveau être envoyés directement à la MAAIONG au Ministère. La décentralisation est remise en cause. C’est dommage, la commission sur le terrain était, nous semble-t’il, mieux à même de juger le bien-fondé des micro-projets présentés par les associations françaises. La commission MAAIONG décentralisée ne prendra plus en charge désormais que les projets présentés par les associations locales (heureusement, nous avons une association à Haïti).

Mardi 20 janvier

Départ de Boca Chica à 8 h 30 pour Santo Domingo d’où notre bus « climatisé » doit partir à 11 h pour HAITI ! A 15 h 30 nous passons la frontière à JIMINI et arrivons à la gare « Caribe Tours » de PETIONVILLE à 17 h 30. Ostene et Fernand nous attendent : embrassades, effusions… un grand moment de joie ! puis nous redescendons par la route de Delmas (encombrements, foule grouillante…) et arrivons à l’hôtel que nous avions réservé « Forêt des fleurs », petit hôtel caché dans une ruelle, très accueillant. Le personnel nous aide à monter nos lourdes valises pendant qu’Ostene repart nous chercher un petit souper préparé par sa fille Juviane (cabri, salade, bananes frites, jus de citron et café). Nous bavardons quelques instants puis Ostene et Fernand rentrent car il se fait tard et en Haïti, mieux vaut ne pas circuler de nuit.

Mercredi 21 janvier : visite de la pisciculture

Réveil à 5 h au chant des coqs ; petit déjeuner et brefing avec Ostene et Fernand, nos fidèles collaborateurs. Nous nous rendons à Thomazeau dans la plaine du cul de sac après un arrêt à Trou Caïman, nous retrouvons Denis Puthiot, un français qui travaille également pour SOS Enfants depuis presque 25 ans, ainsi que Wilmarc Pierre, technicien spécialiste de la pisciculture, et Hamilton, d’APROPED, qui réalise le complexe. Les bassins pour l’élevage des tilapias fonctionnent mais les poissons ne sont pas très gros : il faut revoir l’alimentation de ceux-ci par un apport de granulés et reconstituer l’approvisionnement en eau qui a été endommagé en même temps que le barrage durant les quatre cyclones de septembre. Quant aux jardins qui ont été aménagés à proximité, les paysans sont satisfaits et produisent des légumes en quantité.
Ce n’est que la 1ère tranche des jardins, financés par Enfants Soleil.

Ce n’est que la 1ère tranche des jardins, financés par Enfants Soleil.
Retour à Port au Prince, avec quelques problèmes techniques (disque de frein cassé). Pendant qu’Ostene repart pour faire réparer la voiture, Juviane nous apporte notre souper (poisson et igname).
Depuis notre arrivée à Port au Prince, nous sommes frappés par l’immense misère qui règne dans la ville et les bidonvilles environnants, les rues défoncées, les tap-tap tonitruants, la poussière et la pollution par les gaz d’échappement, et cette foule immense de mendiants, d’enfants des rues qui nous montrent leur ventre affamé et réclament de quoi pouvoir manger ! Nous savons qu’il y a pire encore dans les nombreux bidonvilles où nous n’aurons pas le temps d’aller.

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Jeudi 22 janvier : Verrettes (Artibonite)

Départ à 7 h 30 pour Verrettes où nous arrivons à 11 h 30 (4 h de route pour faire environ 120 km !) ; routes défoncées, passage à Cabaret où les effets des récents cyclones sont encore visibles, puis le pont de Montrouis qui a été également détruit, maintenant en cours de reconstruction.
Ce voyage à Verrettes était programmé car nous devions rencontrer Sœur Agnès Thibault avant son retour en France (Sœur Agnès, âgée de 88 ans, était en Haïti depuis le 11 janvier ; elle dirige l’association « REV’DEKOL » qu’elle a créée pour la scolarisation des enfants des brodeuses des Ateliers de Verrettes) et qui fait partie de la Fédération Enfants Soleil. Sœur Agnès a chargé l’association Enfants Soleil d’effectuer un transfert de fonds qui ont été remis à Sœur Agnès afin qu’elle finance ses actions. Nous rentrons l’après-midi même à Port au Prince après avoir pris un petit repas préparé par Wista (riz arrosé et cabri).

Vendredi 23 janvier : Port au Prince

Réveil à 7 h 30. Nous avons rendez-vous à l’Ambassade de France avec Marie WEISS et nous rencontrons également Christophe QUENTEL, premier conseiller de l’Ambassade. Nous leur donnons la liste de nos actions et nous nous entretenons surtout du projet en cours pour lequel l’Ambassade de France nous accorde son soutien : la réhabilitation du centre de soins « le Bon Samaritain » à Ouanaminthe. Nous devons faire un courrier à Mr Alain SAUVAL, Ambassadeur de France, pour l’informer de la date de lancement des travaux et de leur évolution ; un membre de l’Ambassade se rendra sur place. Un panneau devra être réalisé avec le logo Marianne et la mention « Projet de réhabilitation avec le soutien de l’Ambassade de France en Haïti ».  Il faudra cependant se méfier d’une trop grande médiatisation des projets dans un pays aussi peu sûr qu’Haïti, médiatisation qui pourrait informer les bandes de pilleurs.
A l’issue de notre visite au Bon Samaritain que nous devons faire d’ici la mi-février, un compte-rendu devra être envoyé à l’Ambassade faisant état de beaucoup de transparence et apportant la preuve des résultats au profit de la population.

Plusieurs informations nous sont données pour la réalisation de nos projets en cours, tels que :
Pisciculture : crédits gérés par Mme HUGUENIN (A.F.D. à Paris) et le service de coopération SCAC (dossier à transmettre en Février)  Renforcer les compétences techniques (Benoît FAUCHEUX).
Assistant technique en matière de sécurité alimentaire : Henrique Michel (SCAC)
Formation professionnelle sur Verrettes : Claire TRIKAS du GRIAC
et FSD (Fonds social de Développement) qui aide les associations haïtiennes.
Mme Chantal ROQUES, Conseillère culturelle adjointe et responsable du secteur éducation en contact avec le Ministère de l’éducation.
Dans un tel voyage, il y a énormément de contacts à prendre. C’est beaucoup de temps passé, mais pas du temps perdu. Les lois haïtiennes sont complexes en ce qui concerne la coopération et les démarches souvent longues.

L’après-midi, nous allons boire une bière à l’Hôtel Acropolis, bd Dessalines. Puis, nous allons à Croix des Bouquets, cité des sculpteurs sur fer. Nous passons commande d’objets artisanaux et de fers découpés à différents bosmétals en vue de nos prochaines expositions en France.
Après cette journée bien remplie, nous rentrons à l’hôtel à 18 h.

Samedi 24 janvier

C’est au tour de MICHEL Jeanthyl de venir s’entretenir avec nous. Il est le directeur de l’école « La Fraternité » à CITE SOLEIL. Pour la cantine de cette école, le PAM (Plan Alimentaire Mondial) nous aide en distribuant aux 83 enfants un complément en riz, farine, huile, thon, pois ainsi que des rations sèches (riz cuit que les enfants peuvent emmener dans leur famille). L’association Enfants Soleil fournit le complément. Inquiétude sur le Programme Alimentaire Mondial qui connaît des difficultés à Haïti, faute de moyens et vu l’énormité de la demande. Nous voudrions que le PAM fournisse des compléments pour les enfants restants (30 enfants) car c’est un gros chapitre dans notre budget. C’est un drame, car beaucoup d’enfants des écoles ont faim.
Michel Jeanthyl doit aussi prendre contact avec LET’A GOGO pour la fourniture de lait aux enfants.
La classe a lieu le matin pour les enfants en préscolaire (de 5 à 8 ans) et en primaire (de 10 à 13 ans).
Cette école mériterait d’être agrandie, ce qui n’a pu être réalisé jusqu’à présent en raison de l’insécurité qui régnait dans cette zone. Actuellement, Michel pense à un local mieux adapté, sur un terrain plus vaste et plus près de chez lui ; le prix de ce local pourrait être négocié à un prix abordable. La maison qui peut contenir 8 à 9 salles est cependant en mauvais état et doit être rénovée.
Nous faisons aussi le point sur les enfants parrainés dans cette école (amélioration des courriers des enfants à leur parrain) et sur ceux qui restent encore à parrainer. Le niveau des professeurs n’est pas excellent, c’est une école pour les pauvres et les écoles pour riches accaparent les meilleurs enseignants, car elles peuvent mieux les payer…

A 11 h, c’est Wesly JEAN BAPTISTE qui vient également nous voir ; il est responsable de l’école N.Dame du Sacré Coeur dans le quartier BEL AIR. 70 enfants de 3 à 14 ans fréquentent cette école avec 5 professeurs. Ici pas de cantine. Le PNCS distribue 3 jours par semaine la nourriture aux 70 enfants : une ration d’AK 100 (mélange de lait et maïs).
Le PNCS est un organisme d’Etat dépendant du Ministère de l’Education Nationale et de la formation professionnelle. Fondé en 1995 par le Président, René PREVAL, il a pour but de venir en aide aux enfants nécessiteux des quartiers défavorisés.
De 1995 à 2004, seules les écoles publiques étaient membres du PNCS.
De 2004 à nos jours, ont été intégrées les écoles privées.
Le PNCS dépendent du PAM. Les menus sont variés en fonction du nombre d’élèves :

  1. un dépôt et une cuisinière pour une école de 200 à 300 élèves,
  2. une ration de laits préparés (AK 100) pour une école de moins de 80 élèves. Cette ration est livrée entre 8 et 9 h pour une consommation sur place à midi.

Il conviendra de voir également VETERIMED et LET’A GOGO.
Avant le repas, les enfants se lavent les mains.
Wesly nous fera un rapport précis sur le fonctionnement de son école ainsi qu’un petit topo sur l’image négative de ce quartier difficile.
Les besoins en fournitures scolaires sont :

  1. pour les maths : collection Passeport – et pour le français : collection « balle aux mots »
  2. fournir également de la documentation sur l’environnement et l’écologie, sur l’informatique, les sciences de la vie et de la terre.

A 16 h, viennent nous voir quelques enfants avec Ostene : Bénédithe, Myrneva, Geovency et Ravioli, ainsi que Milourde et son cousin Castra. Bénédithe qui a une très jolie voix nous interprète une chanson de Céline Dion. Puis viennent également, Wasnie Curie BEL et Medjina avec Marie Josette, la femme d’Ostene, qui nous a préparé un petit ragoût de ?.... (on ne saura jamais) que nous dégustons dans le noir : il est 18 h 30, il fait nuit et le compresseur étant en panne nous n’avons pas d’électricité. Celle-ci revient vers 20 h et nous allons nous coucher après une bonne douche froide mais appréciable !

Dimanche 25 janvier


A 7 h 30, Nadège, Stéphanie (filleule de Gérard), Caputo et Htonn viennent à l’hôtel et nous prenons le petit déjeuner ensemble pendant que Gérard est parti avec Ostene à Cité Soleil afin de voir le terrain et la maison proposée par Michel Jeanthyl ; ils y vont seuls pour plus de discrétion : il faut être prudents à Cité Soleil pour que Michel ne soit pas inquiété par d’éventuels bandits.
A 9 h 30, c’est au tour de David et sa fille Jumelda, puis à 10 h 30 c’est Fernand et sa fille Myrna qui viennent nous rendre visite.
A 13 h, tout ce petite monde est reparti et nous attendons Ostene qui doit nous emmener déjeuner chez sa fille Ostwalde. Elle et son mari Frantz, habitent à Thomassin près de Kenskoff. Nous sommes très bien reçus, à l’haïtienne, et nous apprécions un excellent repas : Riz, lambi, poulet, salade et patisserie, le tout arrosé d’une bouteille de Cabernet d’Argentine !
A 17 h, nous rentrons sur Port au Prince où David nous attend ; il nous a apporté quelques cartes postales que nous enverrons prochainement à nos amis de France.

Lundi 26 janvier

Cette journée est consacrée à la visite de l’Ecole N.Dame du Sacré Cœur à BEL AIR dirigée par Wesly JEAN BAPTISTE avec qui nous nous sommes déjà entretenus samedi. Nous prenons beaucoup de photos des enfants qui nous font un accueil retentissant. Un enfant se lève pour me dire : « j’ai un amour infini pour toi » ! je craque !…. Puis nous assistons au repas des enfants. Pour information, voici un exemple des menus qui étaient distribués en 2008 :

  1. lundi : sandwich poulet + jus de fruit
  2. mardi : sandwich aux œufs + jus de fruit
  3. mercredi : sandwich salami + jus de fruit
  4. jeudi : sandwich viande moulue + jus de fruit
  5. vendredi : sandwich poulet + jus de fruit

Depuis janvier 2009, les repas sont servis 3 jours par semaine, soit :

  1. 8 onces par élève + 1 ration d’AK 100 (lait et maïs)

les lundi, mercredi et vendredi.

Les enfants sont étonnant d’intelligence et de bonne volonté. Quel courage ! Ils apprennent très vite. Comment faire dans ce pays où les trois quarts de la population souffrent de malnutrition ? Nous sommes désolés de ne pouvoir les aider davantage.

A 15 h, toujours dans le quartier BEL AIR, nous allons visiter l’école dirigée par Martha NATOUX et soutenue par notre ami, le Père René SOLER, de l’association TIMOUN RESTAVEK. Des photos sont également prises pour lui. Une subvention de cette association est donnée directement à la Directrice de l’école.

Mardi 27 janvier

La matinée est consacrée à des rendez-vous que nous avons avec la Direction des Douanes puis le Ministère des Finances au sujet du dédouanement d’un container parti fin septembre et en instance depuis le 3 novembre ! les sommes demandées pour le dédouanement sont exorbitantes et nous ne pouvons les accepter (3 fois plus cher qu’à l’habitude !), plus des frais de gardiennage qui courent depuis le 3 novembre, soit 1118 $US ! (887 euros !). Mais je vous reparlerai plus loin de toutes nos démarches. Entre temps, je prends quelques photos :

    la tour 2004 construite en 2004 (Mémorial de l’indépendance de 1804)
    • le mausolée de l’indépendance,
    • le palais national,
    • la statue du Neg Marron, symbole de la libération des esclaves

Ensuite, nous allons à CITE SOLEIL visiter l’école de Michel Jeanthyl et rencontrer là aussi tous les enfants parrainés. Et là encore, nous sommes accueillis par des chants, des rires et bien sûr beaucoup de photos encore destinées aux parrains et marraines de France.

En quittant CITE SOLEIL, nous nous arrêtons à la Pharmacie « L’Eternel est bon », petite « pharmacie » tenue par Simone, amie d’Ostene.
Puis nous retournons au Ministère de l’Intérieur, puis au Ministère de la Santé pour notre container toujours bloqué ! mais rien d’avance. De dépit, nous allons boire une bière à l’Acropolis, lieu préféré de Gérard.
Au retour et pour clore cette journée, nous nous offrons le 1er ti-punch d’Haïti !

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Mercredi 28 janvier

On retourne à l’Ambassade de France, puis à la Direction des Douanes et au Ministère des finances. On tourne en rond ! le dossier de notre container est soit disant égaré…. Nous profitons de la position de Michel, Président de la Délégation Locale de la CRF à Dijon, pour prendre contact avec la Croix Rouge Haïtienne. C’est ainsi que nous avons rendez-vous à 14 h à la Croix Rouge Haïtienne avec la Présidente, Mme le Dr Michaele Amédée GEDEON. Nous rencontrons également Olivier BOUGNIOT, Chargé de mission du PAH (Pharmacie et Aide Humanitaire) ainsi que le Dr Virginien BARADEL, Docteur en Pharmacie.
Mme GEDEON nous donne quelques informations utiles pour faciliter les problèmes de dédouanement, à savoir : se mettre en conformité avec la loi haïtienne (dépôt de comptes-rendus et quitus à obtenir tous les 3 mois au Ministère du Plan. Il faut se rendre aux 2 ministères (Santé et Education) en fonction du contenu des containers. En cas de don à la Croix Rouge Haïtienne, c’est le Ministère de la Santé qui fait la demande au Ministère des Finances pour obtenir la franchise (toutes les autres ONG doivent s’adresser à la Direction de la Protection Civile). Il faut également prendre contact avec les Directions départementales de la santé ainsi qu’avec les Comités locaux de la CRH pour les informer de nos actions. Nos prochains containers pourraient alors passer par l’intermédiaire de la Croix Rouge Haïtienne à condition que les produits soit certifiés « dons humanitaires » ; en retour, la CRH demandera des rapports précis sur la bonne distribution aux bénéficiaires concernés. Nous ferons une requête de partenariat auprès de la CRH .
Cette journée a été entièrement consacrée à la visite de ces institutions.

Jeudi 29 janvier : Jacmel

A 9 h, nous partons avec Fernand pour Jacmel ! ouf ! enfin des « vacances » !
Un petit arrêt à GRESSIER au « Soleil Antillais » en bordure de mer (très joli) puis nous continuons notre route (la route de l’amitié) en admirant le panorama de la plaine de LEOGANE et ensuite des mornes (montagnes) arides, où ne subsistent que quelques arbres. Un paysage de désolation quand on sait qu’il n’y a plus que 2 % de couverture végétale sur l’ensemble du pays. Mais la route est superbe avec quelques arrêts auprès de petites marchandes pour acheter fruits et légumes (Chadèques, corrossol, cachiman, bananes figues, cayemite, etc….)

Nous approchons de la baie de Jacmel en longeant la rivière Gosseline qui se jette dans la baie. Superbe !
A Jacmel, nous visitons le dispensaire de Cayes Jacmel où nous sommes reçus par Marie-Hélène METELLUS, infirmière. Ce dispensaire est tenu par :
2 laborantines (une haïtienne et une cubaine),
2 docteurs : le Dr Cubain ANABEL, et le Dr DURAND, Haïtien,
1 administrateur : Mr Reynold THOMAS.
1 officier sanitaire (contrôle de l’environnement)
1 archiviste,
1 infirmière (service social)
 Les soins aux dispensaire se font le matin ; 50 à 60 patients sont reçus chaque jour. Nous visitons les installations et discutons sur la prochaine campagne d’hygiène et de prévention Sida qui devra commencer dès que notre container sera dédouané. La génératrice est en panne et comme on dit en créole « Pa diti pa dichiche » (mieux avoir un petit peu que pas du tout)
Nous rencontrons également la directrice de l’école de Cayes Jacmel, Mme Andréane ROY. Chaque mois, pour 520 personnes, le PAM donne, par l’intermédiaire du RHASADE (Réseau haïtien pour la Santé et le Développement), une ration composée de riz, pois, maïs moulu, huile et sel iodé). C’est très insuffisant.
A CAP ROUGE, un autre dispensaire est tenu par un médecin et 2 auxiliaires.
Un médecin de commune qui travaille pour Cayes Jacmel et Cap Rouge : le Dr Locite HILAIRE,
et un médecin pour la région Sud Est : le Dr Yves Gaston DESLOUCHES qui est aussi Directeur Régional du Ministère de la Santé.

Puis nous retrouvons le petit hôtel restaurant sur la plage, à la sortie de Cayes Jacmel, « L’Amitié », là où nous étions déjà allés en 2006. Nous en profitons pour prendre notre 1er bain en Haïti ! l’eau à 28° , plage de sable, cocotiers, un décor idyllique ! Deux jeunes garçons nous offre pour 100 gourdes des noix de coco et j’achète à une vieille femme un chapeau en latanier. Fernand est fasciné par la mer et nage comme un dauphin ! Nous dînons le soir avec M.Hélène METELLUS : un excellent repas haïtien (salade, lambis boucané et riz, douceur coco et clairin) et passons la nuit dans ce lieu enchanteur.

Vendredi 30 janvier : Jacmel

Après un nouveau bain, nous avons rendez-vous à 9 h à la Mairie de Cayes Jacmel et rencontrons le Maire afin d’obtenir une accréditation (qui sera utile pour les futurs dédouanements) et des renseignements sur la commune. Cayes Jacmel est situé à 24 km de JACMEL qui comprend 4 sections communales + le centre ville de Jacmel :
1/ Ravine Normande,
2/ Gaillard
3/ Haut Cap Rouge
4/ Fond Melon Michineau
A travers ces sections, il y a les habitations et les localités. JACMEL compte environ 47000 habitants.
Donc, en attendant en attendant l’autorisation définitive et légale de travailler sur ce secteur, la mairie peut donner une lettre qui sera à renouveler tous les 6 mois. Même si l’association haïtienne est reconnue par le Ministère, il faut obtenir l’autorisation de travailler dans la commune. Pour Enfants Soleil Haïti, il faut donc fournir les statuts, le dernier procès-verbal d’assemblée général, les certificats de bonne vie et mœurs du comité directeur et verser une cotisation de 250 gourdes. Les documents seront alors analysés et nous obtiendrons l’autorisation de travailler en toute légalité dans ce département. Peu d’associations font ces démarches, le nombre de dossiers demandés est vraiment décourageant.

A 10 h 30, nous allons à la Direction Départementale de la Santé du département Sud-Est rencontrer le Dr Yves Gaston DESLOUCHES. Nous obtenons le soutien du Docteur DESLOUCHES pour amplifier notre aide aux dispensaires de sa région et obtenir notre accréditation.

Puis à 12 h nous nous promenons dans Jacmel et rendons visite à une école de peinture et à de nombreux peintres jacméliens. Nous visitons également un atelier de fabrication de masques en papier mâché, masques qui serviront au prochain carnaval de Jacmel, le plus beau carnaval d’Haïti par ses costumes.
A 13 h, nous rentrons sur Port au Prince afin d’arriver avant la nuit (3 h de route).

Samedi 31 janvier

Ce matin, un peu de repos ! Ostene est à l’office religieux et Fernand fait le marché depuis 5 h ½ du matin, car il faut prévoir l’achat de fruits, pain, vache-qui-rit… pour la grande journée récréative prévue demain dimanche, avec tous les enfants de Port au Prince et de Verrettes.
A 10 h, Fernand part à la rencontre de Sœur Agnès qui doit revenir de Verrettes par un mini-bus que nous avions dépêché pour son retour. Sœur Agnès arrive donc à notre hôtel avec Mme Shiller et Mme Dutard, deux responsables des ateliers de Verrettes qui nous remettent une commande pour l’association ASS’HUM de ST ETIENNE à qui nous transmettrons ce colis dès notre retour en France.

 

Nous discutons avec ces responsables des ateliers de Verrettes sur un projet qui pourrait être envisagé entre elles et Enfants Soleil. Une cantine populaire pourrait être envisagée pour 250 enfants environ : ces enfants viennent des lieux défavorisés et éloignés de Verrettes pour aller à l’école à Verrettes. Ils viennent des villages suivants :Alaire (à 1 h de marche de Verrettes), Salo (30 mn à pied par la montagne), Désarmés (1 h ½), Deschapelles (1 h), Mirault (1 h ¼), Damier (2 h), Terre Nette (4 heures).
L’école Dumarsais Estimé de Verrettes, tenue par les Petits frères de Ste Thérèse (Frère POLINISTE), compte 500 enfants environ d’inscrits et il n’y a pas de cantine. Mme Shiller est présidente du Comité de parents. Il faudrait trouver un endroit pour cette cantine populaire. L’association des 4 ateliers paierait deux cuisinières. Il conviendrait aussi de fournir du matériel : grandes tables, bancs, vaisselle, gaz, batterie de cuisine… Pour la nourriture, voir le FAES (Organisation à Port au Prince qui s’occupe des enfants défavorisés), ou World Vision, ou le PNCS qui dépendent du PAM.
Sœur Agnès nous quitte car elle doit repartir demain pour la Martinique.

En fin de journée, vient la famille JEROME qui est venue de Fonds Verrettes (à la frontière dominicaine) pour nous rencontrer. Ils ont apporté leur repas et repartent à 18 h avec Ostene qui va les héberger pour la nuit car le bus pour retourner à Fonds Verrettes ne part que le matin.

Dimanche 1er février : Grande journée récréative pour 100 enfants que nous emmenons à la plage,

journée organisée par Ostene et Fernand qui se sont occupés de louer des bus, de prévoir 2 cuisinières pour la préparation des repas, 25 accompagnants pour la surveillance et la sécurité des enfants). Félicitations à nos amis pour l’organisation de cette journée.

Lever à 4 h ½ (pas d’eau ni d’électricité…) pour un départ prévu à 6 h 45 en car avec les enfants de Port au Prince. Mais tout le monde n’est pas au rendez-vous et nous partons finalement à 8 h 30.
Nous n’avons pas pu accéder à la plage de sable de l’ancien Club Med (devenu Club Indigo). Le gérant, un français, acceptait notre présence mais le prix des repas dépassait de très loin nos possibilités. Nous nous rabattons sur la plage Préval, belle plage… de galets.
C’est l’effervescence, la joie des enfants qui vont passer cette journée au bord de la mer, proche de Montrouis (à mi-chemin entre Port au Prince et Verrettes). Arrivés à la plage, un second bus est venu nous rejoindre avec les enfants de Verrettes.

Tout ce petit monde se déshabille en vitesse pour se précipiter dans les vagues et c’est alors un grand moment de bonheur pour chacun d’eux, car beaucoup n’avaient jamais eu l’occasion de voir la mer !
Après un déjeuner à 11 h, le repas a lieu à 13 h, après le bain ; la distribution des repas et des boissons est bien accueillie ! tout le monde a « grangou » !
A 15 h, les 2 bus repartent, l’un pour Port au Prince et l’autre pour Verrettes, situé à 24 km de Saint Marc.
Michel et moi faisons le voyage avec les enfants dans le bus qui repart pour Verrettes. Quant à Ostene, Fernand et Gérard, ils nous rejoignent en voiture.
Dans le car, tous les enfants chantent puis s’endorment, fatigués de leur longue journée. 7 d’entre eux sont malades car ils ont mangé et bu plus qu’à l’ordinaire et la route est chaotique !

Enfin, nous arrivons à Verrettes. Les parents sont venus rechercher leurs enfants. A Port au Prince, les parents attendaient également le retour de leurs enfants mais petit incident : 3 enfants s’étaient égarés ; heureusement, les parents les ont retrouvé quelques heures après, sains et saufs !

Lundi 2 février : Verrettes

Après une bonne nuit, nous partons visiter les jardins communautaires de MIRAULT. Les jardins sont très beaux. Les paysans nous montrent le niveau que les inondations ont atteint durant les cyclones de septembre. Plus de 4 mètres ! Problèmes entre les planteurs et le responsable des jardins. Il n’a plus la confiance des paysans. 10000 gdes (soit 200 euros) qui avaient été envoyés pour indemnisation suite aux derniers cyclônes et qui étaient à partager entre tous, cet argent a été gardé et il n’a pas fait le travail de réparation des pompes. En fin de discussion, il s’engage à le rendre l’argent en plusieurs fois à partir du 30 avril…..
Suite à cet incident, un nouveau comité, pour diriger le groupement, est désigné par vote avec un président, un vice-président, un secrétaire et un trésorier afin d’éviter à l’avenir ce genre de problème. Tout le monde est content de cette décision adoptée à l’unanimité. En attendant, Enfants Soleil avancera les fonds pour réparer une pompe d’irrigation pour ces jardins et aider aux achats nécessaires après les cyclônes.

Retour à 15 h pour un petit repas chez Wista (riz, tétard (anguille) et jus de cachiman).
Ensuite nous allons visiter les jardins des Petits frères de Ste Thérèze à Verrettes où Frère André nous reçoit : beaux jardins mais pas d’eau ! 4 bassins d’élevage de poissons existent mais tout est à l’abandon par manque d’eau. Un projet de réhabilitation pourrait être envisagé ?

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Mardi 3 février :

J’aide Dieuluxon qui va chercher de l’eau au puits et à 8 h 30 nous partons à la Mairie de Verrettes. Cette mairie a 60 ans d’existence ; elle a été construite sous la présidence de Dumarsais Estimé, le seul président haïtien né à Verrettes. L’objet de cette visite est comme à Jacmel, à savoir les démarches nécessaires pour avoir une accréditation. Le Maire fera une lettre de demande de droit de fonctionnement sur la commune. Verrettes (377 m2) qui compte environ 160 000 habitants. Mais la Mairie n’a aucun document précis sur la population : nombre d’enfants, de commerçants, etc… Ils sont en train de compléter ces documents, avec l’aide d’AIDE & ACTION.
Au collège Massawist, (Collège « le Destin » construit par Enfants Soleil) à Haut Dodard, il y a un problème d’eau. Réservoir inutilisable, car il est rempli par l’eau de l ville. L’eau de la ville est fournie directement par une source qui se tarit en saison sèche. Le puits construit dans la cour du collège dépend du niveau d’eau du canal de dérivation du fleuve Artibonite. Quand celui-ci est bas, plus d’eau ! Un canal existe depuis 1948. Mais depuis 1948, ils cherchent quelles institutions pourraient les aider à trouver des sources. A la 2ème section communale de Verrettes « Bélanger » (50 000 habitants), une ONG suisse « HELVETAS » travaille.
Il serait souhaitable d’avoir la liste de toutes les associations qui travaillent sur Verrettes afin de pouvoir échanger avec elles.
Concernant la formation professionnelle nécessaire, il est à déplorer une carence de techniciens.

La région de l’Artibonite paraît « riche » mais l’agriculture y est archaïque, les terres trop petites ; de riches propriétaires n’exploitent pas leurs biens : la population, comme ailleurs, a besoin du PAM (Plan alimentaire mondial) pour subvenir à ses besoins. Les populations des montagnes environnantes sont dans une extrême pauvreté. A la 6ème section de Verrettes (Terre Nette), un dispensaire dont le plus grand chef, Mabelais Mabois, était l’Intendant d’UCS (Unité Communale de Santé) aidé par l’USAID, n’a pas les moyens de soutenir ce dispensaire en médicaments.
Il faut aller au bureau des domaines et du cadastre à Port au Prince pour faire le recensement des parcelles qui appartiennent à la commune.
A la 3ème section, l’Etat possédait beaucoup de terres ; on pourrait y prévoir un projet de pisciculture… voir si les terrains sont adaptés… le Maire va se mettre « à la conquête » de terres.

Après cette visite à la Mairie de Verrettes, nous allons visiter nos jardins collectifs « fermes 4 et 5 »

Durant les cyclones, les paysans ont perdu : 37 cabris, 3 chevaux, 14 vaches ; environ 150 hommes qui venaient du plateau et de plusieurs communes, ont péri.

Pour info : le prix d’une vache est de 2000 $HT (200 euros), d’un cabri 3 à 400 $HT (entre 30 et 40 euros), d’un cheval 1200 $HT (120 euros).

Enfants Soleil a entendu leur détresse et a envoyé beaucoup d’argent pour que l’espoir revienne peu à peu. (voir ci-contre photo d’un bananier que l’eau submergeait entièrement).
Ces paysans aimeraient avoir un motoculteur ainsi qu’une 2ème pompe. Mr SERGO est responsable de l’ODVA (Organisation de développement de la Vallée de l’Artibonite)
Nos jardins sont bien entretenus : une récolte de pois est prévue en Mars, des patates douces en Juin, puis du riz en Juillet. Le moindre petit terrain est cultivé au bord du fleuve.

A notre retour chez Wista, nous filmons les enfants à l’école : Hancita fait l’école buissonnière (elle va à Terre Nette chez ses parents pendant les vacances, où elle reste et manque l’école ; elle a souvent mal à la tête). Genèse est également absente (sa grand’mère vient de décéder). Nous rencontrons nos enfants parrainés et pendant que Gérard repart visiter les jardins. Michel et moi restons avec les enfants et nous jouons au mikado avec Evestre, Stanley, mon filleul Dawins et un des instituteurs, Mr Héry DELUCE.

A l’école de Verrettes, il y a 7 professeurs :
- 4 pour les 1ères jusqu’au 5èmes années fondamentales
- 3 pour les années préscolaires
Héry DELUCE enseigne depuis 10 ans dans cette école. Il gagne 2000 gdes par mois (40 euros). Aucun des professeurs ne sait ce que gagne les autres…
Nous rencontrons également Joël (16 ans) et employé par la Directrice ; sa condition nous rappelle celle des « restaveks » ;  il n’a jamais été à l’école et maintenant il est trop grand pour suivre les cours, même avec les petits. Je demande à Wista de lui faire donner des cours de formation.
Arrive la maman de Génèse qui n’était pas à l’école car elle a perdu sa grand’mère qu’on doit enterrer dimanche. Elle ne pourra pas venir également demain car son unique paire de chaussures est déchirée. Je donne 250 gdes à la maman pour qu’elle lui achète un autre paire de chaussures à condition que Génèse revienne à l’école le plus vite possible ; c’est promis pour jeudi) . Je donne aussi 1000 gdes à la maman qui a besoin d’une robe blanche pour l’enterrement de la grand’mère (les enterrements en Haïti se font en blanc).
Vient ensuite la maman de Sonise Louicius avec sa dernière petite fille, Sophie,  âgée de 3 mois ½.

Beaucoup de familles de Verrettes ont reçu des lits en aluminium, distribués par Enfants Soleil avec l’aide de l’Ambassade de France (presque 200 pour Verrettes) ; il y a eu aussi des bottes en quantité et des savons.
A 16 h 30, nous distribuons des semences de plantes potagères aux planteurs des fermes 4 et 5 et discutons des essais qu’ils feront et de la nécessité d’obtenir des informations sur les résultats obtenus. Les planteurs de ces jardins s’entendent bien et tirent profit de leur travail malgré les désastres de Septembre.
A 17 h, nous avons une réunion avec les parents des enfants parrainés de Verrettes.
Ainsi, Wista me présente Ciliana qui a 5 enfants et qui souhaiterait que l’un d’eux soit parrainé.
A 18 h, nous avons rendez-vous chez le notaire de Verrettes (Maître Pierre TURENE) afin de prévoir le renouvellement du contrat entre Wista, la directrice de l’école, et Enfants Soleil (nous devons fournir une  copie des statuts Enfants Soleil France et Haïti, une pièce d’identité des membres).

Mercredi 4 février :

Lever 6 h – A leur arrivée à l’école, nous faisons encore quelques photos des enfants pour leurs parrains et marraines et nous allons aux Ateliers de Verrettes pour faire quelques commandes d’artisanat, puis à l’atelier Deschapelles où nous commandons des petites bourses, gants et maniques en loffa, napperons, etc…
Nous quittons alors Verrettes avec regret en rémunérant pour leur travail supplémentaire les cuisinières qui nous ont fait à manger durant notre séjour. Elinette et Dawins (nos filleuls à Michel et moi) viennent nous dire au revoir et c’est le cœur serré que nous quittons tous ces enfants.

Sur la route qui nous ramène à Port au Prince, nous nous arrêtons à PONSONDE pour visiter une pisciculture d’élevage de tilapias et carpes roses appelées « tenka ».
Les responsables de cette pisciculture sont :
- Raùl Savõn (cubain), responsable de l’ODVA (Organisation de développement de la Vallée de l’Artibonite à Ponsondé
- le Dr Cléophat Jean-Verna MVZ, responsable de l’écloserie de Ponsondé, docteur vétérinaire, géotechnicien et professeur en secondaire).
- et un agronome, Ernest Max André.
Le responsable sur Verrettes est Noël Figaro, agronome.
Il y a 16 bassins. Des compléments alimentaires importés sont donnés aux poissons. Leurs conseils seront utiles pour Denis Puthiot qui est responsable de la ferme piscicole de Thomazeau (Projet de pisciculture en partenariat avec SOS Enfants). Nous demandons à Denis de se mettre en contact avec eux. Ils sont prêts à se déplacer pour donner leurs conseils.

Puis à 15 h, nous nous arrêtons à la plage Préval où nous étions allés avec les enfants. Beaucoup de vent et de grosses vagues. Nous mangeons un poisson sur la plage.
Arrivés à Port au Prince, nous sommes contents de retrouver notre chambre d’hôtel avec électricité et d’apprécier une bonne et vraie douche froide !

Jeudi 5 février

A 7 h, David nous apporte des toiles de différents peintres haïtiens ; nous en choisissons quelques unes que nous ramènerons dans nos valises. Puis nous faisons les comptes !
Ensuite, nous repartons aux informations pour savoir où en est le dédouanement de notre fameux container en instance depuis le 3 novembre ! :
1/ au Ministère des Finances : petit espoir !....
2/ à la Direction des Douanes : le dossier a été transmis au Terminal le 10 décembre, mais depuis, le dossier est soi-disant perdu !?... Il faudra faire une copie du registre attestant la date du 10 décembre. Le  Directeur des Douanes, Mr Eric ST CHARLES nous donne rendez-vous demain vendredi 6 février à 10 h en nous assurant que le dossier serait retrouvé.

Nous repartons et allons faire quelques achats boulevard Dessalines et faire du change à la banque.
Revenus à l’hôtel, David nous apporte de nouvelles toiles.

Vendredi 6 février

Après encore quelques achats, nous retournons donc à notre rendez-vous de 10 h à la Douane pour savoir si effectivement le dossier était retrouvé. 11 h 30, nous attendons d’être reçus ; à 13 h 30 nous attendons toujours dans la salle d’attente !!! (3 h ½ d’attente !). Nous partons déjeuner chez Tiffany (petit restaurant à proximité, très agréable) et à 14 h 30, nous revenons à la douane : le dossier est bien là mais le directeur n’a plus le temps de finaliser la procédure de dédouanement (les bureaux ferment à 15 h).

Nous devrons revenir lundi mais malheureusement, nous  partons dimanche pour Cap Haïtien. C’est donc la fille d’Ostene et Ronald, son neveu, qui retourneront à la Douane lundi.

A 15 h, nous partons à Croix des Bouquets afin de prendre livraison des commandes que nous avions passées aux bosmétals et rentrons à l’hôtel.

Samedi 7 février

A 8 h, Michel Jeanthyl vient nous dire au revoir (l’appareil jetable que je lui avais remis pour notre ami Michel Genson nous parviendra plus tard par courrier). Une femme nous ramène notre linge lavé et repassé pour 100 gourdes et me demande de lui donner mes sandales, ce que je fais volontiers !
Avec Michel, nous faisons le point sur son projet d’école ; nous avons besoin d’un devis chiffré. Je donne à Michel quelques uns de nos vêtements et produits de toilette.
A 14 h, Gérard nous quitte avec Ostene et David pour prendre la route vers Verrettes où ils coucheront, puis cap sur Gonaïves (visite de l’hôpital « La Providence ») et Grande Rivière du Nord où nous étions chargés de voir un projet pour nos amis de LACIM (ils voyageront toute la journée de dimanche sur des routes très difficiles).
Michel et moi restons à l’hôtel en attendant Oswalde (la fille d’Ostene) chez qui nous logerons ce soir pour prendre l’avion demain matin avec Fernand, afin de rejoindre notre équipe à Ouanaminthe.
Oswalde et son mari Frantz nous emmène dans un restaurant haïtien de Pétionville, très agréable, puis nous nous dirigeons vers Thomassin, puis Fermate et Fort Jacques (lieu historique que nous ne pouvons visiter car il fait nuit). Chez Ostwalde, nous faisons la connaissance de Carl qui est le grand frère de Medjina.

Dimanche 8 février

Ostwalde nous emmène à l’aéroport en passant par le Musée de la canne à sucre. Nous retrouvons Fernand à l’aéroport d’où nous devons décoller à 9 h pour CAP HAITIEN, dans un petit avion de la Cie TORTUG’AIR. Fernand est ravi (mais un peu angoissé) de prendre l’avion : c’est pour lui son baptême de l’air ! Il est très impressionné et n’ose pas s’asseoir du côté hublot. 18 mn de vol pour se rendre de Port au Prince à Cap Haïtien ! (un vrai bonheur quand on pense à nos amis qui sont sur la route…)
A la sortie de l’aéroport de Cap Haïtien, c’est une foule qui nous assaille de toutes parts et nous peinons à trouver un bus pour nous emmener à OUANAMINTHE. Ici, il pleut depuis une semaine et toutes les rues sont boueuses, la campagne est complètement inondée.

Nous arrivons tout de même à Ouanaminthe à 11 h 30 ; la route entre Cap Haïtien et Ouanaminthe est refaite à neuf par une compagnie italienne. Arrivés à la gare des bus de Ouanaminthe, avec tous nos bagages, pas d’autre possibilité que de prendre une moto-taxi ! voici Fernand, Michel et moi, chacun sur une moto avec les valises !!!
Nous sommes alors reçus chez la maman d’Ostene et découvrons notre nouvel hébergement dans la caye !

Aussitôt, viennent nous saluer :
- Alix, professeur du Collège de l’Etoile à Ouanaminthe et Directeur du Lycée de Capotille,
- Lesly, ancien maire de Ouanaminthe (tous deux sont les frères du Dr Ostene)
- Elva Wilton, Professeur et Inspecteur du District de Ouanaminthe (Capotille et Mont Organisé),
- Louis Alvarez, Directeur du Collège de l’Etoile,
- Présumo Etienne, professeur et Inspecteur (membre fondateur du Collège comme Alix)
- Pierre Volvic, également professeur et membre fondateur
- Ermane Pierre, surveillant et responsable de la discipline au lycée de Capotille,
- Fadois Charles Trénet, professeur,  membre fondateur et Inspecteur régional de l’Education nationale.
- Pierre Oriol, responsable des études
- Florvil Jean Baptiste, professeur et membre fondateur

Le collège de Ouanaminthe accueille environ 600 élèves : 300 en primaire et 300 en secondaire. Il est géré par un groupement de professeurs normaliens.
Le lycée de Capotille accueille 475 élèves en secondaire

Ouanaminthe est une ville de 80 à 100 000 habitants. Les progrès constatés sont visibles : route principale refaite, électricité dans la rue. C’est aussi les préparatifs du carnaval et l’on assiste à des répétitions d’adolescents faisant claquer des fouets à tel point qu’on croirait entendre des pétards.
Quelques enfants parrainés viennent nous voir : Nelcie Cénatus et Schinadère Sinois avec son grand frère qui est sourd et muet. Puis Djény-Love et son petit cousin Makanéra, Fredly Narcisse, Falwise, Evens Joseph et Ludgee Fleurant. Puis nous allons visiter l’église catholique de Ouanaminthe et assistons à la messe à laquelle participe une foule immense.
A 16 h, Gérard, Ostene et David arrivent de leur long parcours ; nous prenons le dîner à la caye et bavardons toute la soirée. Alix joue de la guitare et Ostene nous chante une jolie chanson.

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Lundi 9 février : Ouanaminthe

A 8 h, nous nous rendons au Collège de l’Etoile et visitons plusieurs classes :
- classe de 1ère terminale : 32 élèves
- classe de 2ème terminale : 24 élèves
- classe de seconde : 29 élèves (Ange Cala fait partie de cette classe)
quand vient l’heure de la récréation et les enfants nous font une fête incroyable ! Adley Jean Baptise, Stécie Nora Elva, Ange Cala et tous les enfants parrainés sont là et manifestent leur joie de nous connaître enfin.

Puis nous allons à Fort Liberté où nous avons rendez-vous avec l’Archevêque. Nous en profitons aussi pour photographier la plage, le fort St Joseph (haut lieu de bataille pour l’indépendance), la cathédrale de Fort Liberté datant de 1740.

Au retour, nous achetons bonbons et gâteaux pour les enfants ; nous croisons Evens, petit garçon qui viendra chaque jour me dire bonjour.

A 14 h, nous allons visiter l’établissement « Le Bon Samaritain » à Ouanaminthe tenu par Sœur Eliane, québecoise d’origine (elle vit en Haïti depuis 40 ans !). Depuis 2002, elle accueille dans cet établissement des personnes âgées, seules et démunies. 30 pensionnaires résident ici dans des conditions très misérables ; 62 d’entre eux sont « parrainés » par des canadiens d’Ottawa qui versent 1600 $HT par an (soit 160 euros), ce qui permet d’améliorer leur sort. Sœur Eliane doit malheureusement quitter Haïti prochainement car rappelée par sa Congrégation ; elle sera remplacée par les Petits Frères des Pauvres.
Enfants Soleil a soumis un projet de réhabilitation de ce centre, projet qui sera soutenu par l’Ambassade de France en Haïti, et accepté par la MAAIONG.
Il convient alors dès maintenant de procéder à beaucoup de travaux :

    • clôturer l’établissement, jardins à défricher et à aménager,
    • nous visitons scrupuleusement tous les lieux (dortoirs des hommes, dortoirs des femmes où des lits sommaires sont entassés, salle d’accueil, de travail, de consultation, salle d’urgence, salle de réunion…) : pour toutes ces salles, il est nécessaire d’enlever le crépi existant, d’enduire et de boucher les trous (contre les punaises !), repeindre, refaire les sols, revoir les toitures et les grilles (problèmes des souris…. et des voleurs !).
    • l’extérieur des bâtiments est également à reconsolider et à aménager avec quelques fleurs pour les rendre plus agréables.

En plus des personnes âgées, Sœur Eliane accueille quelques enfants des rues, tous orphelins. Ces enfants apportent un peu de gaité auprès des personnes âgées. Une petite école va être construite à la place d’un ancien poulailler ( !). Sœur Eliane a pris un peu d’avance et accueille déjà une partie de ces enfants. Nous devons en avril/mai prochains créer cette école : toiture, peinture, isolation, murets de séparation des classes, installation électrique, créer des toilettes et lavabos, mettre une citerne pour l’eau, etc.… Ce sera magnifique !

Un réfectoire et une cuisine existent actuellement pour les personnes âgées. La cuisine pourra servir également pour les repas des enfants, mais ceux-ci devront prendre leur repas dans un autre lieu à aménager (ce pourrait être une petite tonnelle ou le kiosque) car au centre de l’établissement, il y a un kiosque, lequel a été construit en 1985 grâce à des jeunes de Ouanaminthe qui ont pu collecter une somme d’argent. Le kiosque mérité d’être refait à neuf. Sœur Eliane a reçu jusqu’ici des aides de la paroisse et de la population pour apporter la nourriture aux vieillards.
Une cour de récréation sera également aménagée dans les jardins, tout le parc sera nettoyé, replanté, paysagé et nous y créerons un jardin pédagogique pour les enfants.

A 16 h, nous retournons au Collège de l’Etoile où nous avons de nouveau rendez-vous avec tous les enfants parrainés et pour certains, leurs parents.

Mardi 10 février : Capotille

A 11 h nous partons pour Capotille, petite ville située à 17 kms de Ouanaminthe mais il faudra plus d’une heure de voiture pour y arriver : pas de route, une piste en terre très boueuse suite aux récentes pluies avec des passages très difficiles, notamment ce qu’il reste de pont sur la rivière « Gens de Nantes ».
Nous arrivons à Capotille où nous nous arrêtons sous un magnifique amandier. Vaniola et sa maman nous attendaient avec impatience.
Nous allons visiter le dispensaire de Capotille où doit démarrer prochainement la campagne de prévention Sida.
Puis, viennent les enfants parrainés de Capotille : Fabiola, Walney Pierre et Pridancia ; celle-ci nous emmène voir sa « caye » (maison) et faisons connaissance avec toute la famille. En face de leur caye, leur ancienne maison qui a été détruite par les cyclônes.

Ensuite, nous allons visiter le Lycée de Capotille et rencontrer les professeurs de ce lycée. Ils utilisent l’après-midi les locaux de l’école primaire. Il y a beaucoup à faire dans ce lycée. Nous avons déjà aménagé plusieurs salles dont une pour l’informatique future (pas d’électricité dans ce village). Des portes en fer ont été posées. Reste beaucoup de travail. Il faudrait bien sûr construire un nouvel établissement. Les professeurs qui ont, comme à Ouanaminthe, de très bon résultats, le méritent, et les élèves encore plus !

Au retour à Ouanaminthe, Evens et Schinadère viennent nous dire au revoir.

Mercredi 11 février : Départ pour la République Dominicaine

Lever à 5 h et après un petit déjeuner, nous quittons notre équipe haïtienne avec beaucoup de regret. Fernand et Ostene nous accompagnent jusqu’à la frontière, sur le pont de la rivière Massacre. Nous nous disons au revoir chaleureusement (ils doivent repartir à Port au Prince). Puis nous devons attendre 8 h pour l’ouverture des portes de la douane haïtienne, portes fermées par 3 verrous détenus par 3 douaniers différents ! Ermane nous rejoint sur le pont. Enfin les portes s’ouvrent et 2 haïtiens transportent nos lourdes valises sur un chariot et passent en République Dominicaine. Mais au moment de passer, il nous faut retourner au poste de Douane pour s’acquitter d’un droit de sortie d’Haïti, ce qu’Ermane et Gérard vont régulariser. Pendant ce temps, Michel et moi restons sur le pont : une bonne heure d’attente pendant laquelle nous n’avons plus de passeport ni de valises ! Ermane vient nous rejoindre et passons enfin en République Dominicaine où nous retrouvons nos passeurs de valises. Ouf !

Nous allons à la station des bus de DAJABON et là, 3 h d’attente : le bus pour Santo Domingo est prévu à 13 h. Nous avons manqué le bus du matin à cause de la douane et du décalage horaire d’une heure entre les deux pays.
Après un voyage très long (5 h 30), nous arrivons à Santo Domingo à 18 h 30 ; Metellus nous attend à la gare des bus et allons manger une pizza délicieuse. Nous regagnons notre hôtel « Magic Tropical » et là, bonheur, l’électricité dans la chambre et une vraie douche chaude ! Cela faisait 8 jours qu’il pleuvait ici (plus de 12000 personnes déplacées en raison d’inondations).

Jeudi 12 février : Boca Chica

Après une bonne nuit, nous nous réveillons sous un soleil radieux. La matinée sera consacrée à faire le point sur les dépenses engagées pour les bateys. Problèmes de factures. Problèmes de confiance. Nous devrons sans doute décider de retourner en République Dominicaine pour suivre les travaux de l’école du batey Hato de Palma qui devrait être construire à partir d’Avril.

L’après-midi, nous faisons quelques achats de souvenirs pour nos amis et la famille. Gérard va à la plage et nous nous retrouvons dans la rue de Boca Chica où nous sommes en pleine discussion avec Jean Claude : c’est un haïtien qui vend des tableaux aux touristes depuis 2 ans. Sa carte de séjour est expirée depuis quelques mois et il souhaite rentrer en Haïti avec sa femme et ses 3 enfants, la vie leur étant très difficile ici. Il aimerait que l’on parraine l’un de ses enfants afin qu’ils aillent à l’école et nous demande même si l’on pourrait en adopter un ? Nous promettons de l’aider dès qu’il sera de retour en Haïti en lui donnant les coordonnées du Dr Ostene.
En République Dominicaine, beaucoup de misère aussi principalement pour les haïtiens vivant souvent illégalement ici. Les femmes sont employées dans les hôtels ou procurent des soins sur la plage , aux touristes (manucure, massages, tresses….) ; les hommes travaillent dans le bâtiment ou occupent des emplois subalternes, vendeurs de fruits sur les plages, les enfants cirent les chaussures et mendient dans les rues. Lorsque nous mangeons aux petites terrasses des cafés, les enfants viennent chercher les restes de notre repas et nous sommes frappés en voyant un enfant croquer les os de poulet pour extraire le peu de moelle qu’ils contiennent !

Vendredi 13 février :

Nous consacrons cette matinée pour faire une dernière visite du batey Faro de Guerra , le second village pour lequel nous avons financé le démarrage de l’école,et voir l’avancement des travaux. Nous en revenons à 16 h 30. Cette visite a été capitale ! car nous découvrons beaucoup d’anomalies…. Nous constatons que c’est un peu le désordre et que rien n’a été fait comme on le souhaitait.
Le bâtiment de l’école a été construit en 2000 et a été aménagé en école depuis 2 mois seulement.  L’équipe des enseignants semble pourtant très motivée et l’école fonctionne.
Pour l’école, il convient d’enlever les barbelés et de les remplacer par des parpaings agrémentés de fleurs, enlever le « fatra » devant l’école, repeindre la façade pour effacer les diverses inscriptions et faire un panneau avec le nom définitif de l’école..
Quelques tôles du toit sont trouées (à reboucher), agrandir la classe des petits en déplaçant les cloisons intérieures.
Nous demandons les CV et diplômes des 4 enseignants : 1 instituteur du Consortium, Mickelange Bernard (payé par le Consortium) , 1 instituteur également directeur de l’école (Jean RONIAL), Bellance Ernst Jean et Elimena Georgia. Il convient qu’ils suivent les programmes d’enseignement dominicains. Il nous faut la liste des élèves : à ce jour 56 enfants sont inscrits, 49 sont présents aujourd’hui. Il faut également faire un tableau mensuel afin de compter les absentéismes, prévoir des carnets scolaires et un tampon de l’association. Il faudra aussi un bilan de santé des enfants.

Pour la cantine, 2 cuisinières sont nécessaires et il faut un local sécurisé servant de dépôt. Concernant la nourriture, une demande d’aide alimentaire devra être faite au PAM, un complément de 2 à 3 pesos par enfant sera demandé aux parents à titre de participation symbolique ; enfin, les jardins apporteront une aide pour les légumes et les fruits. Des dépenses en perspective !
Les uniformes : des chemises beige ont été achetées à Santo Domingo ; les jupes et pantalons seront bleu marine ou beige foncé et seront à confectionner (en Haïti ou à Saint Domingue).
Suite aux diverses anomalies et malversations de Metellus en tant que responsable du projet, nous formons immédiatement un nouveau comité composé de :

Samedi 14 février

Tandis que Gérard est parti pour essayer de régler les nombreux problèmes que nous rencontrons dans la gestion du batey, Michel et moi profitons de cette dernière journée pour aller à la plage et manger un poisson grillé. L’après-midi nous faisons nos valises, car hélas, il nous faut partir ! un taxi vient nous chercher à 17 h et nous allons à l’aéroport d’où notre avion doit décoller à 21 h 10. Nous sommes très tristes….

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Fait à Dijon, le 25 février 2009

Annie COLIN

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