« Que se passe-t-il aujourd’hui, en Haïti, deux ans après la catastrophe ? »

Rapprot de Gérard Renard : Nous avons quitté Port au Prince le 28 février 2012 après un séjour d’un mois.
 

Ce que l’on ressent à chaque retour n’est pas aisé à exprimer. Nous avons quitté la poussière des rues, les blocus, la pollution, le bruit, la misère, les camps. C’est un mélange de tristesse, d’espoir, d’interrogations, de stress devant la tâche immense qui est devant nous.
 Il y avait Stéphanie, la journaliste, venue pour la seconde fois, et qui va écrire un livre  sur l’agriculture en Haïti. Il y avait Alain et Blandine, du Secours Populaire, qui sont venus voir les réalisations en partenariat avec Enfants-Soleil. Et nous trois, Agnès, Annie et moi, qui avons travaillé jour après jour, essayé de tout faire : mettre au point les projets, rédiger les bilans, avec les réussites, les déceptions,  voir les enfants des écoles, et chacun des enfants parrainés, rencontrer toutes les familles, voir les réalisations en cours. Le temps manque toujours…

Raport d'Annie Collin : Nous avons passé un mois en HAITI :

Gérard Renard, chargé des projets et Agnès Lahellec qui me seconde dans la gestion des parrainages ; Alain et Blandine, de la délégation Côte d’Or du Secours Populaire nous ont accompagnés durant 15 jours pour voir les réalisations entreprises en partenariat avec notre association. Pour ma part, cela faisait 3 ans que je n’étais pas retournée en Haïti ! mon émotion était forte de retrouver nos amis haïtiens, nos enfants parrainés, mais aussi de revoir Port au Prince deux ans après le séisme.
En arrivant, j’avais en mémoire les images terribles de cette catastrophe et d’après tous les articles que nous pouvons encore lire dans la presse, il me semblait que rien n’avait changé…. depuis ce 12 janvier 2010.
En réalité, il y a deux Port au Prince maintenant. Une ville  où la vie a repris, les rues sont dégagées, les trottoirs sont « presque » propres, la circulation est dense (nombreux embouteillages « blocus »), beaucoup de constructions ici et là… mais les bâtiments administratifs et le palais présidentiel sont toujours en ruines.
Puis une autre ville, celle des camps toujours installés où les conditions de vie sont très difficiles (manque d’hygiène, d’eau, d’électricité, insécurité…), des marchandes de rues  installées sur les trottoirs pour vendre quelques fruits ou légumes et que les services de la Mairie expulsent sans ménagement pour rendre les trottoirs plus propres…

Reloger les sinistrés: la maison de Pernier.

La maison de Pernier abrite des familles composées de femmes seules avec de nombreux enfants dont une partie sont handicapés lourdement à la suite du séisme de janvier 2010. C’est une très grande maison que l’Association loue depuis Août 2011 pour reloger ces familles.  Dix-neuf personnes y vivent : 5 femmes seules et leurs 15 enfants.
De nombreuses améliorations ont été faites par  le propriétaire, et l’association,  concernant les locaux qui comprennent en suffisance toilettes, cuisines et logements.  Il reste encore deux logements libres qui pourraient être aménagés.  Il manque une sécurité à la terrasse qui est une aire de jeux pour les petits : ils sont un peu turbulents et il y a un risque d’accident, la terrasse étant en surplomb...

La catastrophe…mais après ?

Il faut croire, plus qu’en tout, et malgré tout, à ce qu’il y a  en nous d’humanité. La tragédie, l’horreur, ce furent les premiers mois. Il fallait sauver des vies. Deux ans  après, il reste toute cette souffrance des problèmes  quotidiens, ces interrogations sur l’avenir. Je ne choisis pas ces images pour choquer. Ce sont celles qui sont dans notre tête chaque matin, chaque soir : elles sont la réalité de l’après. J’ai aussi mis des sourires, parce qu’il y en a bien sûr. Et ces sourires valent tous les « merci » du monde...

UNICEF. Une aide ponctuelle à l’école Massawist, construite par Enfants-Soleil.

Nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions de dire du bien de cette énorme machine, l’Unicef, dont l’aide a semble-t-il beaucoup de mal à atteindre les plus pauvres. Nous allons pour une fois remercier cet organisme : voici pourquoi.
Au haut niveau, il est difficile d’avoir des contacts, l’administration de cet organisme, international… mais, en fait, très largement américain, ne peut guère et ne veut guère recevoir toutes les demandes des petites associations, et il y a d’autre part, gigantisme aidant, de très nombreuses dérives et des gaspillages. Il est pratiquement impossible d’atteindre les bureaux de l’aéroport, sans y avoir de solides connaissances.(Invitation ou rendez-vous) ...

Reconstruction ? Une gageure.

Environ 40%  des décombres de la capitale, Port au Prince, ont été déblayés au bout de deux années. Si l’on considère la quantité de travail, c’est beaucoup….mais si l’on regarde ce qui reste à faire, déblaiements et reconstruction, c’est très peu et le travail prendra encore de nombreuses années. D’autre part, la reconstruction de la ville n’est pas la reconstruction du pays. Décentralisation, développement, créations d’emplois …

 

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