Des cas de choléra confirmés à Port-au-Prince - source « Information Internationale » Radio Canada Agence France Presse

Le choléra est une maladie entérique aiguë causée par la bactérie Vibrio cholerae. Il est caractérisé par l'apparition d'une diarrhée aqueuse soudaine et abondante, que l'on qualifie souvent de « selles riziformes ».
S'il n'est pas traité, il peut rapidement donner lieu à une déshydratation, à un collapsus circulatoire, à une insuffisance rénale et à la mort. L'infection est transmise par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés par les selles ou les vomissures d'une personne infectée. (Source : Santé Canada)
L'épidémie de choléra qui frappe Haïti a ses premières répercussions dans la capitale Port-au-Prince.
L'ONU a confirmé samedi soir que les cinq premiers cas de la maladie recensés dans la capitale haïtienne avaient été placés en isolement. Ces personnes auraient contracté le choléra dans la région rurale d'Artibonite, avant de développer les symptômes qu'une fois arrivées dans la capitale.
L'épidémie de choléra qui sévit dans l'Artibonite a fait au moins 208 morts, tandis que près de 3000 personnes sont hospitalisées, selon le plus récent bilan du ministère de la Santé publique.
La maladie s'était propagée une première fois hors de la région avec deux cas confirmés à Arcahaie, une ville située plus près de Port-au-Prince.
Les autorités craignent que l'épidémie n'atteigne les camps de la capitale où vivent des centaines de milliers de sinistrés du tremblement de terre du 12 janvier.
Selon Clarens Renois, collaborateur spécial de Radio-Canada en Haïti, des mesures de confinement sont à l'étude. Le gouvernement projette d'installer des hôpitaux de campagne, afin d'éviter que les gens ne quittent leur région pour trouver des soins.
Pour l'instant, des quarantaines et des périmètres de sécurité ont été établis. À l'entrée des hôpitaux et des centres de santé, les gens sont invités à marcher sur des matelas imbibés de chlore pour tenter de freiner la propagation.
Le président haïtien René Préval et le premier ministre Jean-Max Bellerive ont fait une apparition à la télévision pour prodiguer des conseils de comportement à la population, notamment celui de limiter les déplacements.
Les autorités du pays ont lancé un appel à l'aide internationale pour mettre en place des hôpitaux de campagne. Des secouristes cubains se sont aussi portés volontaires. Les hôpitaux privés du pays, notamment ceux de Port-au-Prince, ont aussi été appelés à accueillir des malades du choléra.
Les principales communautés touchées dans la région rurale de l'Artibonite
Vendredi, le ministre haïtien de la Santé Alex Larsen a confirmé qu'il s'agit d'une souche de choléra de souche 01, soit « du type le plus dangereux ». La souche 01 est à l'origine de la majorité des flambées de choléra dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les personnes atteintes peuvent mourir quelques heures seulement après avoir contracté la maladie.
Pour venir en aide aux malades et au personnel médical de l'Artibonite, les organismes internationaux, dont la Croix-Rouge canadienne, acheminent des chargements d'eau potable, de médicaments et de matériel médical dans la région depuis trois jours.
La porte-parole de la Croix-Rouge canadienne en Haïti, Sophie Chavanel, estime qu'il est trop tôt pour confirmer que la maladie se propage à d'autres régions du pays.
Une fois de plus, c’est avec une tragédie que l’on reparle d’Haïti.
Eau infectée, manque d’infrastructures d’hygiène ( toilettes des particuliers et des écoles, mal conçues ou qui se déversent dans les canaux à ciel ouvert ou dans les nappes phréatiques) conditions déplorables pour cuire une nourriture souvent mal conservée… la misère est synonyme de catastrophes à répétition.
C’est un travail de fond qui viendra à bout de ces conditions de vie inacceptables qui touchent évidemment une fois encore, les plus pauvres.
Il faut réhabiliter les écoles, mettre en place des conditions, des moyens et des habitudes d’hygiène, en commençant par les plus jeunes.
Les conditions de vie actuelles de la population haïtienne, qui n’a jamais été pire, suscite de terribles inquiétudes. Si l’épidémie, comme cela semble se confirmer, atteint les villes sinistrées par le séisme, ce sera dramatique en nombre de victimes.
D’ici, nous ne pouvons rien faire. Notre équipe sur place va donner des consignes dans toutes les écoles et dispensaires partenaires, où les moyens d’hygiène sont en place. Il faut acheter des désinfectants supplémentaires et informer la population des mesures à prendre.