Mise à Jour : 02 /12 /2011

 

Ecole Fraternité. Camps d’été. Cité Soleil Haïti. Voyage à la mer


Juillet / octobre 2011
Ce projet a été possible grâce à l’aide de la Fondation de France.

 

Nous avons organisé deux voyages à la mer, au mois d’août, durant la période de vacances. Chaque voyage avec 100 personnes (enfants et accompagnateurs).  Le second voyage a dû être retardé à cause d’un cyclone alors que tout était prévu. Ce jour-là, puisque le repas de fête qui accompagne les voyages était prévu, nous avons fait une fête dans l’école. Beaucoup d’enfants, qui n’avaient pas participé aux voyages des années passées, n’avaient jamais vu la mer. A Cité Soleil, la mer est un cloaque, surmonté de plus  d’un  mètre d’ordures : c’est là que toutes les ordures de la ville de Port au Prince arrivent !

La première étape est de rassembler tout le monde pour l’heure du départ. Ce n’est pas facile. La seconde et de faire tenir tout le monde dans le bus ! La plage est à 1H30 de bus de la ville, mais il faut compter avec les embouteillages. La troisième étape est de convaincre le chauffeur de ne pas rouler comme un fou ! La veille, il a fallu acheter toutes les marchandises pour les repas : déjeuner, 11 heures, le repas de fête : 13 heures. Les cuisinières seront le matin à 4 heures à l’école pour préparer les repas : une partie que nous emportons dans le bus, une autre, le repas principal,  que des membres de l’équipe apporteront sur la plage, en voiture. Sur la route, nous nous arrêterons au marché à Cabaret pour acheter des fruits, de la glace, de l’eau, qu’il faut conserver dans un grand tonneau de plastique, les boissons...

Le bus est cher, mais  celui de l’an dernier nous avait fait vraiment trop peur ! Nous avons été obligés de payer l’entrée à la plage. En Haïti, tous les accès aux plages passent par des propriétés privées, et les propriétaires s’enrichissent en faisant payer l’entrée, c’est-à-dire le passage par leur propriété ! C’est un des nombreux scandales de ce pays.

Les plages de sable sont inabordables : ce sont les grands complexes ( Club Indigo) qui les ont « squatées », réservées aux 1% de la population qui peuvent y accéder et aux étrangers.. Pour nous c’’est une très belle maison, avec une grande barrière (de péage) qui permet d’accéder à une plage de petits galets. Mais les enfants, qui marchent souvent pieds  nus à Cité Soleil, ont moins mal aux pieds que nous ! Le propriétaire n’est pas souvent là, ce sont les gardiens qui reçoivent les visiteurs…tout cela est illégal, mais nous sommes en Haïti, et les autorités, avec un petit pot de vin, s’en arrangent. Le problème de la corruption est que tout le monde y participe à son niveau. La plupart des petits propriétaires de plages organisent le Week-end des « fêtes » avec beaucoup d’alcool et de prostituées. Aussi lucratif que dangereux ! Beaucoup de jeunes filles, souvent déjà mères, se laissent embrigader dans ces réseaux, qui fleurissent sur la misère.

Nous avions envoyé beaucoup de petits maillots de bain par container, mais ce n’est jamais suffisant et beaucoup d’enfants s’arrangent comme ils peuvent avec la tenue ! Ce n’est pas grave. Les enfants sont enchantés. L’entrée dans l’eau est toujours un peu « prudente », mais très vite les enfants maîtrisent leurs appréhensions et bientôt ils ne voudront plus sortir de l’eau.

Nous rêvons de construire un petit centre au bord d’une plage où nous pourrions accueillir toute l’année les enfants des écoles les plus pauvres, avec des ateliers sur l’environnement et la préservation du milieu marin. Nous y réfléchissons mais ce n’est pas facile. Ce serait pourtant une occasion de les faire  sortir de leurs  bidonvilles  durant quelques jours et de leur faire prendre conscience des richesses à préserver de leur pays.

Ci-dessous. Vers midi, les cuisinières arrivent avec le repas chaud. Elles sont très habiles, tout le monde s’y met, et le service est prêt en une demi-heure, pour les cent  convives  affamés par leurs  ébats du matin. Les enfants sont bien habitués à l’hygiène et se lavent les mains. Il y a une douche à leur disposition.  Le repas  est un instant très attendu. Viande, riz, chips, haricots, ce n’est pas courant pour les enfants. Si bien qu’une petite fille de 6 ou 7 ans, n’ayant jamais vu une cuisse de poulet, demanda à ses voisines ce que c’était, car elle n’osait pas la manger. Il y a beaucoup d’enfants, à Cité Soleil, et ailleurs,  qui n’ont jamais vu de viande dans leur assiette de leur vie. Les jus de fruits ont eu le temps de refroidir avec les blocs de glace achetés et ce sont des boissons fraîches que les enfants vont savourer.

Le rassemblement pour le départ n’est jamais facile. Il faut arriver à Cité-Soleil avant la nuit, car les rues sont dangereuses dès que le jour tombe. La nuit appartient aux gangs et il n’est guère possible, même pour les habitants, de traverser le labyrinthe des ruelles de la ville  sans problèmes. Avant de partir, il a fallu ramasser tous les papiers jetés ici et là pour laisser la plage impeccable. A cité Soleil, ils sont habitués à jeter les ordures n’importe où ; car il y a des tas d’ordures partout dans la rue. Même avec des efforts, les réflexes reviennent vite.  Ce sont des principes qui leur sont imposés à l’école, ce n’est pas facile. Mais la plage est une bonne occasion de mettre en œuvre ces  pratiques.

Sans l’aide de la Fondation de France, nous n’aurions sans doute pas pu faire ces deux voyages qui seront des souvenirs pour toute la vie de ces enfants. Un grand merci à tous ceux qui ont permis  toutes ces activités de vacances. Les professeurs, les moniteurs, le directeur du collège, les parents, les membres de l’Association Enfants-Soleil Haïti. Bravo à tous les enfants pour leur joie de vivre, leur dynamisme, leur créativité, leur gentillesse, qui nous payent de tous nos efforts.

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