Les cycles scolaires à Haïti et leur correspondance dans notre système Français

L’enseignement primaire comporte deux cycles. -

Haïti       1° AF          2° AF              3° AF
France      CP1           CP 2               CE1

Haïti       4° AF          5° AF        6° AF
France    CE2                        CM1           CM2


Il y a un examen en fin de deuxième cycle : c’est le certificat.
Pour les épreuves, l’élève a le choix entre un texte en français ou un texte en créole.


Le troisième cycle, année fondamentale (AF), trois ans, correspond à nos trois premières années de collège.
Haïti       7° AF                      8° AF              9° AF
France     6°                           5°                    4°


A partir de ce cycle l’emploi du français est indispensable. En effet, en 9° AF, il y a un examen d’état « Fin de fondamentale ». Il y figure une épreuve de compréhension du créole haïtien, tous les autres textes sont en français.
Le créole se rencontre dans des études de textes haïtiens: littérature et poésie.


L’enseignement secondaire comporte quatre ans d’études. L’examen final  est le bacc .
Haïti        3° secondaire    2° secondaire    1° secondaire (ou rhétorique)    Philo   
France     3°                     seconde                1°                                            Terminale
Il y a quatre sections pour la classe de philo.
Philo A : philosophie         ;      Philo B : lettres
Philo C : maths , physique ;    Philo D : physique , biologie


A l’autre bout, le « kindergarten » , jardin d’enfant, comporte trois classes. C’est notre « maternelle ».
Dans un pays où 70 à 80 % de la population est analphabète, l’école représente l’avenir. Elle est le seul moyen d’accès à la culture, elle transmets les valeurs et symbolise l’espoir,  le changement pour tout un peuple.
Cependant, dans une société  très inégalitaire, secouée par des crises politiques et sociales à répétition, l’école ne peut plus se contenter de son rôle de tri et de reproduction de l’élite. Seront avocats, médecins, agronomes, les enfants de ceux qui peuvent payer des études.
En Haïti, on ne peut parler d’un système éducatif qui accomplirait son devoir public, répondant à la satisfaction du pays : former les jeunes et leur permettre d’accéder à une profession.
Bien au contraire, le réseau scolaire est multiple et complexe. Une grosse machine à exclusion sociale. Beaucoup de ces écoles appartiennent à un secteur dit « informel», elles ne sont régies pour la plupart par aucune loi. Les plus pauvres, qui les fréquentent, avec beaucoup de sacrifices de la part des parents, car elles sont payantes, ont très peu de chances d’accéder à des études secondaires. Pour les riches, c’est plus facile, la corruption permet d’obtenir des diplômes, dont la valeur est discutable mais qui ouvrent  des voies fort lucratives. Les grandes écoles, très chères, sont des fonds de commerce qui ne peuvent refuser des recommandations insistantes…Le mieux est d’ailleurs d’aller étudier à l’étranger. Les pays riches ont organisé une fuite des élites…comment résister ?
Les écoles nationales ou municipales sont très déshéritées. Méprisées par les plus riches, elles n’offrent qu’un enseignement de mauvaise qualité ; les professeurs, mal formés, ne sont pas payés régulièrement, alors, ils ne viennent pas….et quand ils le sont, les salaires ne permettant pas de survivre, ils ont un second métier.  L’école n’a lieu que le matin, de 8 heures à midi.
Chaque année, de nombreux étudiants arrivent sur un marché déjà encombré de chômeurs sans bagages réels. Difficile dans ses conditions de mettre les chances de son côté dans un pays où la sélection est d’autant plus rude que l’on n’a pas de recommandation..
Les écoles prodiguant un enseignant de qualité avec des professeurs compétents sont très peu nombreuses. D’ailleurs les frais de scolarisation sont inaccessibles au plus grand nombre. Seule la moyenne et la haute bourgeoisie peuvent y faire face. De plus, les provinces sont complètement oubliées…2/3 des établissements secondaires et professionnels se concentrent dans les grandes villes dont une bonne partie dans la capitale, dans des conditions rendues très difficiles par le séisme.
Comment les provinciaux peuvent –ils faire face aux frais de déplacements, de logements alors qu’ils ont à peine de quoi subsister ?

Suivant les données fournies,  pour 2010/2011, par la Direction de la Planification du Ministère, 16,072 d’écoles ont été dénombrées à travers le pays. 43 % de ces écoles fonctionnent avec un seul niveau pédagogique, 49 % avec deux et 8 % avec trois niveaux.

De ces 16,072 établissements scolaires, 44 % sont localisées en milieu urbain et 56 % en milieu rural, 12 % sont des établissements publics et 88 % des établissements privés.

En ce qui concerne le niveau fondamental des deux premiers cycles, la population s’élève  à 2,033,232 élèves. 22,45 % [456,525 élèves] dans les écoles publiques et 77,55 %, [1,576,507 élèves] dans les écoles privées. Sur l’ensemble, 14,56 % des élèves sont des redoublants et 2,893 élèves [0,14%] des handicapés. Pour le niveau fondamental, on dénombre 68,426 enseignants dont 15,46 % dans le secteur public et 84,54 % dans le secteur privé.

Pour le troisième cycle fondamental et secondaire on dénombre 613,202 élèves dont 27 % [165 947], dans le secteur public et 73 % dans le secteur privé [447 255 élèves]. De ce total, 10 % sont des redoublants [61,320 élèves] et 1,251 [0,20 %] des handicapés.