Le vétiver est une plante magique aux atouts multiples pour la préservation des sols.

Cette graminée pérenne porte plusieurs noms suivant les pays et les langues.
Sur le site www.vetiver.com se trouvent tous les noms utilisés dans les divers pays du monde et toutes les informations que ce court résumé ne donne pas. A Haïti c’est sous le nom Vétiver que la plante est connue.( Sources : site le Réseau vétiver »)

Originaire d’Inde ( le nom vient du Tamoul « Vettivern »), cette herbe est couramment représentée dans les zones tropicales du monde : elle pousse aussi bien en Inde, à la Réunion, dans les Caraïbes, en Afrique, en Amérique du Sud, en Méditerranée orientale…que dans le Sud de l’Europe, le plus souvent introduite pas les industries (utilisant l’huile aromatique fournie par les racines). A Haïti, le vétiver est bien connu, ( associé à la culture de la canne à sucre et du café).

Les tiges sont hautes ( 1 à 3 mètres) fortes, droites, unies et très nombreuses et poussent rapidement. Les racines très longues, en panaches, s’enfoncent de plusieurs mètres dans le sol. Ici à Haïti, dans l’Artibonite, où sont les jardins communautaires, planté au bord d’une rivière, le vétiver protège la route de l’érosion.

Image Enfants Soleil. Artibonite.Haïti

 

Milieu de vie :                                                                              
C’est naturellement une plante qui aime les régions humides, mais elle peut très bien prospérer dans des zones sèches. (Elle peut supporter des sècheresses importantes, mais apprécie une période de pluies qui dure au moins trois mois.) Elle supporte des inondations de plusieurs mois.
Le Vétiver aime la pleine lumière pour bien se développer.
Il préfère les sols profonds, sablonneux, mais supporte de nombreux sols différents, même à forte teneur acide, ou alcaline…
Il peut pousser jusqu’à 2000 mètres d’altitude. ( Limité par les basses températures, et la nébulosité trop importante.)

Utilisations :
Les Tiges :
On utilise les tiges dans de nombreuses régions pour faire des nattes et des ouvrages de vannerie.
On peut en couvrir les toits. On peut en faire du papier.
Elles peuvent servir de fourrage. (100 tonnes – poids vert à l’hectare dans les meilleures conditions, Normalement : au moins 10 à 30 tonnes/hectare)

 Les racines :
Les très longues racines fournissent, par distillation à la vapeur, une huile essentielle aromatique utilisée en parfumerie et pour faire des savons.( rendement : 1 à 1,5% du poids des racines)
Elle préserve des insectes. Elle sert pour stabiliser les sols, les fossés, les talus, les berges des canaux, qu’elle protège de l’érosion. Les racines sont l’un des meilleurs moyens de rétention d’eau pour l’agriculture
C’est en outre  une plante médicinale traditionnelle.



Image SOS Enfants. Afrique. Préparation pour repiquage.

Variétés.
Une dizaine de variétés connues :
Mais nombreuses sont les cultures différentes et nombreux les phénotypes.( Types à fortes feuilles droites, qui peuvent supporter des eaux à fort courant, types à feuilles plus tendres pour le fourrage…)

Reproduction.

Le moyen le plus utilisé est la division des racines lorsqu’elles sont abondantes.( Un pied peut produire 25 à 50 pieds nouveaux en 6 mois)
On peut aussi la semer en pépinières.  Ils existe des variétés dont les graines sont stériles. C’est la variété la plus intéressante et donc celle qui a été introduite dans de nombreuses zones tropicales. C’est celle qu’il faut impérativement utiliser, pour éviter les risques de propagation de la plante et en faire un végétal envahisseur. La graine semée dans de petits pots biodégradables ( Tourbe ou autre) poussera beaucoup plus vite une fois repiquée.

Ces images montrent les phases du repiquagePhotos Association SOS Enfants Projet Vétiver en Afrique.

Plantation.

C’est évidemment au début de la saison des pluies qu’il faut planter. Deux pieds seront séparés d’environ 15 cm, pour former des haies qui elles-mêmes seront séparées de 6 m environ dans les endroits pentus, jusqu’à 40 m dans les endroits les plus plats.
Si on divise les pieds en les séparant, il faut attendre le moins longtemps possible avec les racines trop dénudées. ( 2000 à 3000 pieds sont nécessaires pour confectionner une haie d’environ 100mètres)

Sols :
Il est recommandé de fumer le sol, ou de mettre de l’engrais, NPK ou DAP ( phosphate d’ammonium : 10 kg pour 100m de haies). Mais on peut se passer d’engrais dans les terres assez riches comme en Artibonite..

Résistance.

Le vétiver résiste habituellement à la majorité des maladies des plantes. Sa vulnérabilité est plus grande dans les mauvaises conditions de pousse ( longues périodes de sécheresse, sols trop pauvres ou peu profonds) des champignons peuvent alors attaquer les racines. Dans certaines régions ce sont les termites qui peuvent poser des problèmes ( nids dans les haies, attirées par les racines sèches) . On peut alors brûler les haies et arracher les racines attaquées. La plante peut vivre très longtemps : on a noté des durées de vie jusqu’à 60 ans en Zambie.

Les coûts de mise en place de haies de vétiver.

Ce coût dépend surtout de celui de la main d’œuvre locale. Suivant les sols, une personne peut planter une haie de 100 mètres de long en un jour. L’achat est très bon marché suivant les fournisseurs : 1 à 3 centimes d’euro par plant. Les plants une fois adultes, il est facile de s’approvisionner à partir d’eux en divisant les racines.
On peut aussi semer les plants en pépinières. ( Une pépinière bien entretenue peut donner plus de 2 millions de plants / hectare, par an.( c’est à dire une quantité suffisante pour planter 65 km de haies)
La perte de surface cultivable à cause des haies est peu importante au regard des avantages de ces haies.