Le Tilapia

Elevage du Tilapia

L’Expérience de Thomazeau

Le tilapia : un des poissons les plus répandus en élevages dans le monde. Il vient en 2ième position après les saumonées.

Les importations massives de nourriture ( de qualité douteuse) hypothèquent les efforts des paysans.

Ces deux images opposées disent symboliquement les difficultés d’un pays pauvre, dont les frontières sont largement ouvertes à l’importation de produits agricoles finis. Haïti doit développer les cultures vivrières , l’élevage et la pisciculture. Il serait possible à terme que ce pays puisse nourrir sa population.

Objectifs pour le développement de la pisciculture.

Lutter contre la misère.
- Lutter contre la paupérisation et la désertification des zones rurales et un exode rural dramatique. Permettre aux ruraux d’habiter et de travailler au pays, les terres « habitées » sont des espaces préservés de la désertification.
-   Améliorer la nutrition des populations et en particulier des enfants, en mettant à la disposition des habitants démunis un produit protéiné trop rare et actuellement, pratiquement inaccessible à 90% des habitants..
Développer une production locale durable et rentable.
- Développer de manière durable des ressources actuellement insuffisantes pour la survie de nombreuses familles.( malnutrition non accès à l’éducation, à la santé) en  associant agriculture et pisciculture.
Exploiter des richesses existantes.
-  Une expérience avec de nombreuses perspectives de développement, qui met à profit une multitude de sites favorables. (Terres et eau en abondance)
Association de la pisciculture à l’agriculture. (Mise en valeur des terres entourant les élevages.)
-  Diversification de l’utilisation des terres. (La seule agriculture vivrière ne peut suffire à assurer l’existence de nombreuses familles : nous en avons l’expérience à Verrettes et Mirault les paysans vivent mieux mais ne peuvent vivre exclusivement de leurs cultures)
Un produit nouveau.
-   Un produit nouveau, très peu répandu sur le marché haïtien, donc des perspectives de commercialisation intéressantes. Prix de revient intéressants.
Formation.
-   Développer une formation, transmettre une technologie et des connaissances porteuses d’avenir.
Création d’emplois.
Créer des emplois stables et à bonne rémunération, dans l’agriculture ( autour des bassins de pisciculture), des activités de pisciculture, des activités commerciales et d’autres emplois induits ( transport, construction, gardiennage et.)
Incitation à développer cette production à l’échelle du pays.
Donner en conclusion une impulsion à toute une communauté désespérée et oubliée.

Perspectives de la production piscicole.

¤  Un produit actuellement encore rare, qui est accessible aux populations défavorisées.
Mise sur le marché d’un produit, local, à bas prix, le poisson,  permettant à la population un accès à une nourriture protéinée, hors de portée actuellement. Les pauvres, les enfants en particulier, n’ont pas accès quotidiennement à la viande.

¤  Une production à développer à l’échelle du pays.
 La production totale à Haïti - pêche en mer et aquaculture confondues - est de l’ordre de 5000 tonnes. Très insuffisante pour répondre aux besoins d’une  population de 8,5 millions d’habitants. Haïti importe chaque année 16000 tonnes de poisson, il en faudrait le double.. Ces importations occasionnent une fuite de devises, posent des problèmes quant à la sécurité alimentaire (congélation et problèmes d’énergie) et n’ont aucun impact sur le développement. Ces importations favorisent d’autre part un secteur de la société déjà privilégié, les importateurs, sans retombées pour le développement d’une grande majorité de la population du pays. Les pauvres en sont totalement exclus.

¤  Une alimentation riche et une production locale.
Un des drames sournois qui touche la population pauvre d’Haïti est le changement des habitudes alimentaires : Les pauvres, rejetés vers les bidonville des grandes agglomérations, n’ont plus accès à une nourriture locale produite par le pays, comme lorsqu’ils vivaient à la campagne. Ils se nourrissent, quand ils le peuvent, de produits importés, bas de gamme, et souvent de la plus mauvaise qualité. Les régimes alimentaires comportent peu de protéines, et très peu de fruits et légumes.

¤ Activité durable, rentable, autonome à terme.
La pisciculture, implantée dans les lieux de vie des paysans pauvres, serait un atout supplémentaire pour leur permettre de rester à la campagne, en ayant la possibilité d’y vivre : c’est leur souhait et c’est leur combat. L’exode rural est souvent une tragédie, pour les populations et pour le pays. D’autre part, la pisciculture utilise peu de terrains, certains petits propriétaires, dont les terres ne suffisent pas à nourrir une famille pourraient diversifier ainsi leur production et améliorer leur niveau de vie.

¤  Formation
Elle permettrait d’acquérir des techniques ( élevage, gestion distribution) afin de pouvoir par la suite  gérer en autonomie  la production et développer ces activités. La transmission de ce savoir est un atout considérable pour le futur. Pourquoi ne pas imaginer, dans un avenir proche, la création de petites entreprises de pisciculture, avec une aide au départ. (Subvention ou micro crédits). Il suffit parfois de faire la démonstration de la rentabilité d’une activité pour faire naître des vocation chez les jeunes qui veulent entreprendre. Les perspectives d’avenir pour les jeunes de la campagne n’existent pratiquement pas. Les terres leur sont la plupart de temps  inaccessibles.

¤  L’intégration de nombreux travailleurs et travailleuses dans les divers secteurs de l’activité.
Les possibilités d’embauche sont réelles, ponctuellement ou durablement ( Aménagement, construction, production, distribution.) Les femmes pourraient prendre une grande part dans les activités de distribution aussi bien que pour l’élevage. Les femmes sont l’atout le plus sûr du développement dans de nombreux secteurs des zones rurales.

¤  Rester au pays, sans bouleverser les habitudes de vie.
Facteur de développement dans des secteurs où toutes les conditions favorables sont réunies, la pisciculture développe un travail collectif, très courant dans le passé en Haïti, ( combis) et permet de renouer les liens sociaux, souvent mis à mal par la misère.. Une grande part de la population est sans travail. Les plaines de l’Artibonite et du Cul de Sac jouxtent des régions parmi les plus défavorisées du pays, qui est déjà l’un des plus déshérités de la planète. Les Mornes ( montagnes) entourant l’Artibonite sont des zones d’où les populations sont chassées par la misère et la violence.
Si la présence de l’eau est nécessaire.(Rivière, marais, marigaux…) l’eau des bassins pourrait être réutilisée pour arroser les zones agricoles entourant les élevages, durant la saison sèche. En effet, bien que l’eau ne manque pas dans les plaines, en saison des pluies, elle devient souvent rare et précieuse en saison sèche.

¤  Achat des terrains. Association Agriculture/pisciculture.
Possibilité d’acquérir des terrains à des prix raisonnables. (Location de longue durée ou achat)
Il convient de développer conjointement les jardins communautaires et l’élevage de poissons. Les jardins procurent une nourriture  abondante pour les poissons ( déchets de transformation du riz,  cultures vivrières et autres déchets organiques…)