Titre du projet :
« Projet de développement cultures vivrières, irrigation, mécanisation, repeuplement en arbres fruitiers »
Résumé du projet :
Expansion d’une réalisation de 2003 : aide au développement rural. Aider les petits paysans à se grouper en comités pour pouvoir irriguer, mécaniser, planter des arbres fruitiers et cultiver une partie des terres en commun et ainsi augmenter leurs revenus et accéder à l’autonomie.
Introduction : Lorsque nous avons commencé à aider les paysans de l’Artibonite, en 2003, avec le concours de la Région Ile de France et les Associations SOS Enfants et Quimper Antilles, avec des pompes pour irriguer et des outils, et la location de quelques carreaux de terres, ils nous ont écrit une lettre dans laquelle ils disaient : « grâce à vous, le paradis est arrivé sur la terre ». Ces mots nous ont vraiment touchés (la lettre figure sur notre site) et montrent surtout qu’avec peu de moyens, avec une bonne connaissance du terrain et des hommes, on peut leur permettre de retrouver des revenus décents, mais aussi l’espoir, et la dignité. Avec ce projet plus ambitieux, qui pourra servir de modèle, nous espérons apporter notre contribution pour lutter contre le mépris et la terrible misère qui asservit le monde des petits paysans d’Haïti.
Contexte socio-économique local
Le pays.
Haïti possédait au début des années 80 une agriculture autosuffisante. Depuis, la situation n’a pas cessé de se dégrader. Ouverture des Frontières, corruption, main mise sur la terre par des propriétaires qui n’investissent pas et de contentent d’affermer à tarifs fixes et non au pourcentage des récoltes, ce qui ruine les petits paysans ; manque d’organisation ( les petits producteurs doivent passer par des entreprises privées qui achètent à bas prix et spéculent) et d’encadrement, concurrence des importations de denrées américaines, orientation de l’agriculture vers les cultures de rente ( fournir les produits demandés au marché américain ou aux classes moyennes des villes), concurrence des produits subventionnés d’Europe et d’Amérique, incurie ou désintérêt des gouvernements successifs…accaparement de la terre par de fausses associations humanitaires. Familles nombreuses, lopins trop petits, déboisement…
65% de la population est aujourd’hui rurale, et en grande majorité très pauvre. Cela représente 2/3 de la population active qui peuvent être, avec des aides intelligentes, l’un des moteurs de la reconstruction du pays et le conduire vers la souveraineté alimentaire.
Le Département.
Le département de l’Artibonite est constitué d’une plaine (27% du territoire) riche de possibilités, du point de vue agricole, mais les terres sont mal partagées et les moyens d’une exploitation rentable font défaut. Cette plaine est drainée par deux cours d’eau : le fleuve Artibonite et la rivière Bois. Leur débit varie beaucoup suivant les saisons, et la plaine, en grande partie rizicole est sujette à des inondations subites (d’autant que le trop plein du barrage de Peligre, situé en amont, se déverse dans ces cours d’eau en cas de grosse pluie). Les inondations de septembre 2008 ont vu une montée des eaux de plus de 4 mètres dans la plaine et occasionné de nombreuses victimes, détruisant maisons et récoltes, et occasionnant des pertes de 75% du cheptel. La pluviométrie varie dans cette région de 1000 à 1500 mm, la température est 28°en moyenne. L’altitude est d’environ 100 m (Verrettes) descendant jusqu’à la mer. Un canal, qui double la rivière Artibonite, sert à l’irrigation. (En voie de réhabilitation)
Le reste du territoire est montagneux (région des mornes ) très déboisé et souvent extrêmement pauvre. Ces zones sont très difficile d’accès ( souvent plus de 4 heures de marche pour atteindre les villages des mornes, où règne la violence et une misère effroyable.)
C’est une région agricole mais qui produit très peu et n’arrive pas à nourrir sa population.
La ville : Verrettes. (Commune : 516 Km²)
Verrettes est une bourgade située dans l’arrondissement de Saint Marc. La ville la plus proche est Pont Sondé : petite ville carrefour entre la route du Nord (Gonaïve) et la route du plateau central. (Hinche)
Verrettes est désormais relativement bien desservie par une route assez bonne (en voie de réhabilitation grâce à l’aide internationale) depuis la capitale : Port au prince. Il est bien difficile de connaître sa population ; le maire avance 46000 habitants.
Malgré sa bonne situation, Verrettes est victime de la pauvreté qui sévit dans tout le pays. Bon nombre d’habitants des mornes, montagnes isolées, déboisées, quittant leur village à cause de la misère, y échouent, sans travail et sans aucune ressource, avant de venir grossir (avant le séisme) la population des bidonvilles de la capitale ou de Saint Marc et Gonaïves. Le chômage dépasse largement 50% de la population active, en général ; mais beaucoup plus dans les bidonvilles et dans les zones montagneuses isolées.
La ville n’a pratiquement pas accès à l’électricité et l’eau courante dans les habitations est quasi inexistante.
Les enfants font souvent des heures de marche, le ventre vide, pour se rendre dans les diverses écoles de Verrettes. Cette situation ne cesse d’empirer. (Les enfants de l’école « Massawist », construit à Verrettes par l’Association Enfants Soleil, qui ne peuvent bénéficier de la cantine, attendent, sans vouloir quitter l’établissement, les restes du repas de leurs camarades.) Situation intolérable. Le PAM est débordé et ne peut répondre à toutes les demandes.) Une bonne moitié des enfants souffre de malnutrition, même ceux qui fréquentent les écoles de la ville.
Depuis le tremblement de terre, de nombreux réfugiés se sont installés dans la commune de Verrettes. La mairie évalue leur nombre à 10000. Ces personnes déplacées arrivent dans des familles proches ou lointaines déjà très pauvres, sans avoir de moyens d’existence ou de possibilité de trouver du travail.
Ecole sinistrée.
Les écoles aussi sont confrontées au problème de la faim et désirent créer ou entretenir des cantines. Les demandes d’assistance alimentaire sont telles à Haïti, que ni le PNCS ( Programme national des cantines Scolaires), qui dépend du PAM, ni le PAM ne peuvent subvenir à tous les besoins, et ne constituent pas une solution d’avenir. Les milliers de petites associations qui apportent une aide ponctuelle ont l’impression de tenter de remplir un tonneau des Danaïdes. L’assistance n’est pas une solution d’avenir.
Parmi les 10 départements d’Haïti, l’Artibonite est particulièrement mal placée en ce qui concerne les résultats scolaires. Les résultats du bac 2009 en attestent. ( Première session Juillet 2009) Il y a une seconde session fin août.)
Sud Est : 45,97 %. Centre : 38,76 % Sud : 35,12 %. Artibonite : 19,50 %
L’Artibonite, sur le papier, est l’un des départements les moins misérables, si l’on ne regarde que la plaine. Toutes les régions des mornes (montagnes) stagnent dans une misère effroyable.
La misère de la population paysanne à Haïti est structurelle et aujourd’hui aussi conjoncturelle.
Il faut donner à la population les moyens de subvenir à ses besoins par son travail, et de valoriser les potentialités du pays.
Si la plaine proprement dire est constituée de terres riches, elle n’est pas très étendue et la majorité de la superficie agricole est constitué de terrains montagneux, au sol ravagé par les pluies à cause du déboisement, difficiles d’accès, enclavées. Familles nombreuses et lopins beaucoup trop petits pour permettre de survivre, manque d’eau, terres épuisées, décalage fréquent des saisons qui mettent en péril les récoltes, violences dues à l’absence de cadastre sûr, aggravée par la disparition totale de certains documents, due au séisme. Il faut souvent 4 heures de marche pour se rendre au marché du Bourg, pour vendre quelques fruits ou épis de maïs. Les spéculateurs qui achètent les surplus, quand il y en a, à bas prix, la concurrence des produits américains moins chers, l’illettrisme, les aléas climatiques et cyclones, l’afflux de personnes réfugiées complètement démunies, qui arrivent dans des familles déjà dans la misère… tout cela contribue à enfoncer la campagne haïtienne dans une crise permanente et dramatique en particulier pour les femmes et les enfants.
Dans la plaine, les terrains sont rares et les paysans ont du mal à s’organiser. Il y a cependant des possibilités de développement que nous avons expérimentées à petite échelle.
2- Présentation détaillée du projet
• 2-1 Objectif général (la finalité du projet) :
Lutter contre la pauvreté rurale en donnant aux paysans les moyens de cultiver leurs terres, en se groupant en comités, en irriguant, plantant des arbres et mécanisant.
• 2-2 Objectif(s) spécifique(s) :
¤ Développer les cultures vivrières pour permettre aux paysans d’augmenter leurs revenus, réhabiliter les sols en plantant des arbres fruitiers..
¤ Aider les paysans à gérer leur comité pour mettre en commun les moyens et les connaissances.
¤ Assurer une formation avec l’aide d’un agronome pour développer une agriculture moins agressive pour la terre et s’orienter vers une agriculture raisonnée.
¤ Aider à développer l’irrigation des terres ( bassins de réserve d’eau) et la mécanisation ( achat de 2 motoculteurs)
¤ Créer des emplois pour les personnes réfugiées à Verrettes depuis le séisme et qui se retrouvent sans aucun revenu.
• 2-3 Quels sont les résultats attendus et les activités envisagées ? (pour atteindre les objectifs)
Résultats :
Résultat 1 (R1) : Les comités sont non seulement capables de gérer leurs affaires, mais ils peuvent contribuer à étendre ces pratiques.
Activités associées au R1 : Formation pour la gestion d’un comité. Tenue de comptes, distribution démocratique des tâches, devoirs et droits.
Résultat 2 (R2) : Les paysans augmentent sensiblement leurs récoltes et les assurent en s’affranchissant des aléas climatiques. Elles devront plus que doubler. Passer d’une récolte par an après la saison des pluies) à 2 voir 3 récoltes pour certaines plantations.
Revenus augmentés et conséquences multiples sur la vie quotidienne. Statut des femmes, scolarisation des enfants. Transformations psychologiques avec la reconnaissance de soi : autonomie et responsabilités.
Activités associées au R2 : Irrigation et mécanisation assurent de meilleures récoltes et procurent du temps pour d’autres tâches essentielles. ( projets, formations etc)
Résultat 3 (R3) : Les paysans croient en leur avenir, ils ont les possibilités d’entreprendre, ( pisciculture, location de nouvelles terres,) et d’étendre leur expérience aux autres paysans. Ils peuvent devenir un exemple de référence. On ne peut occulter l’importance de retrouver sa dignité en pouvant nourrir sa famille en devenant un entrepreneur de sa propre vie, en partageant le travail et les savoirs et savoir-faire.
Les paysans donnent du travail à d’autres personnes réfugiées à Verrettes et gèrent ces embauches. Ils deviennent en même temps employeurs. Ils assurent l’avenir en en utilisant des méthodes d’agriculture raisonnée.
Activités associées au R3 : Donner des responsabilités avec les connaissances et les aides qui permettent de les assumer. ( Gestion, aides matérielles, aides financières). Mettre en perspective une autonomie à moyen terme. L’aide est consacrée au démarrage d’une action que les bénéficiaires devront après deux années gérer seuls.
Résultat 4 (R4) : La terre retrouve sa fonction nourricière et sa richesse : les paysans sont conscients qu’ils détruisent terre et paysage et polluent en utilisant toujours plus d’engrais chimiques et de pesticides (qui d’ailleurs grèvent démesurément leur budget), et en dénudant la terre pout tenter de récolter plus ou en abandonnant les techniques d’alternance de cultures ou d’association de cultures, qu’ils connaissent pourtant bien, mais ils n’ont pas les moyens d’agir différemment. Ils préparent l’avenir en reboisant en arbres fruitiers, tout en anticipant d’autres sources de revenus.
Activités associées au R4
Apporter une aide pour mettre en place une agriculture raisonnée (sinon biologique) avec la possibilité de développer des techniques plus respectueuses de l’environnement fragile de cette plaine. (Vétiver, compost, arbres fruitiers…)
Commentaire sur les résultats attendus.
Les paysans des « fermes 4 et 5 » ( dénomination du lieu où le projet se déroule), travaillent ensemble depuis 2003 sans aucun problème majeur.. Beaucoup ne savent pas écrire, ce qui rend difficile la rédaction d’un bilan tel qu’on l’imagine depuis la France. Cependant ils se débrouillent toujours pour nous envoyer des courriers et font preuve d’une volonté exceptionnelle pour changer leur condition de vie. Un autre obstacle pour les bilans est le fait que les paysans ont peur que les aides s’arrêtent s’ils montrent des résultats positifs. Ils ont donc une tendance, que l’on peut comprendre, à occulter les résultats … ils vivent dans des conditions de grande précarité, vu l’exigüité des terres et la dureté du climat. Ce sont des travailleurs infatigables, et ils possèdent un savoir très riche concernant les techniques agricoles éprouvées depuis très longtemps. Mais ils ont souvent cédé aux sirènes de la monoculture et se rendent compte aujourd’hui que la voie du développement est autre.
Créations d’emplois.
Nous avons prévu dans le budget des aides en main d’œuvre dans divers secteurs :
¤ Mise en valeur des terres nouvelles
¤ Création d’une pépinière
¤ Bassins de retenue d’eau ;
¤ Aménagement des canaux l’irrigation…
¤ Construction d’un hangar
Une grande partie de ces travaux peut être effectuée par des personnes réfugiées, qui trouveront ainsi un travail.
C’est pourquoi le projet est lié aux problèmes actuels, conséquences du tremblement de terre. Une autre partie sera effectuée par les bénéficiaires directs ( valorisation) qui ne recevront pas de rémunération : ce sera leur contribution au projet. Les sommes prévues peuvent donc aller à ces personnes embauchées.
Beaucoup de personnes réfugiées ont un métier, mais beaucoup sont issues de la campagne qu’ils ont quittée pour cause de misère. Beaucoup « renouent avec la terre » et cherchent de petits jardins à cultiver ou cherchent de l’embauche chez les fermiers.
Certaines associations , pour donner du travail aux personnes démunies après le tremblement de terre, leur donnent une petite somme pour déblayer les ruines avec des pics et des brouettes. L’intention est louable : « travail contre salaire ». On peut cependant faire plusieurs objections : taper à la pioche dans les dalles de béton sous 40° de température est très pénible, attaquer des milliers de M3 de gravats à la pioche est tout à fait inefficace. J’ai pris des photos du même chantier à 15 jours d’intervalle : l’équipe de plus de 20 personnes avait avancé de quelques mètres ! D’autre part, j’ai rencontré parmi ces gens des étudiants, des diplômés, des artisans… qui n’ont plus rien, donc sont contraints de faire ce travail prométhéen. Un engin adapté pourrait venir à bout du même chantier en deux jours ! Les associations sont obligées de revoir le timing…le temps prévu est multiplié par 10 !
Nous proposons d’embaucher des gens dans leur domaine de compétence, mais surtout de leur apporter une expérience et des connaissances, des contacts, et si possible de leur permettre à terme de trouver des emplois stables, soit dans des extensions du projet enfants Soleil, soit en les aidant à trouver des terres et à entrer dans un comité. De plus, nous tenons à leur assurer non le salaire minimum, mais un salaire « nécessaire » leur permettant de faire vivre leur famille.
Mécanisation.
Nous avons choisi les motoculteurs pour plusieurs raisons :
¤ Les parcelles sont petites et il n’est pas recommandé de faire des remembrements qui poussent à une agriculture « industrielle » à dénuder la terre, et à utiliser des engrais et pesticides chimiques.
¤ Le motoculteur ne tasse pas la terre et un accessoire au lieu de labourer profondément, jusqu’à la couche non fertile, griffe la terre, dans l’épaisseur fertile de celle-ci.
¤ Le motoculteur est facile à utiliser et mobile (dans les petits sentiers) ce qui est un avantage pour les locations et le passage d’une terre à l’autre.
• 2-4 Quels sont les indicateurs vérifiables
Indicateurs pour R1 : Efficacité de la gestion du programme ( comptes, bilans, connaissances acquises et savoir-faire)
Indicateurs pour R2 : Evaluation des changements : bilan comparé des récoltes, rendements. revenus, transformation de la vie quotidienne. Evaluation des changements par les bénéficiaires eux-mêmes. Résistance comparée aux aléas climatiques.
Indicateurs pour R3 : nombre de participants au projet. Nombre de demandes pour entrer dans le comité. Nombre de demandes pour participer au programme pisciculture. Nombre de participants à la formation. Propositions d’extension du programme.
Indicateur pour R4 : Bilan des évolutions quant au type de pratiques agricoles utilisées. Engrais acheté, pesticides utilisés ( Etude comparée). Nombre de fosses et efficacité du compost. Bilan des plantations d’arbres. Impact des nouvelles connaissances et pratiques (pépinière commune, techniques de greffage…)
• 2-5 Quelles sont les hypothèses qui fondent le projet et les activités envisagées ? Comment ont-elles été déterminées ?
• 2-6 Quel est le public visé par le projet ? Comment est-il repéré ou choisi ?
Projet proposé par les paysans eux-mêmes.
Combien de personnes bénéficieront du projet ?
Nombre de bénéficiaires directs |
300 personnes environ |
Nombre de bénéficiaires indirects |
50 familles et les familles proches. |
Bénéficiaires indirects : |
Travailleurs embauchés pour les travaux et leurs familles. |
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Enfants des écoles (Cantines) |
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Commerçant. (Achats et vente des surplus…) |
La plupart des petits commerçants que nous voyons sur les marchés ne sont pas indépendants : ils sont embauchés par des commerçants qui ont des magasins, prennent la marchandise le matin et rendent les invendus le soir. Ils ont une marge bénéficiaire très faible, aucune indépendance ni possibilité d’évoluer. Aucune sécurité d’emploi et aucune déclaration ni sécurité sociale.
Pour les ventes des surplus, les femmes ont un rôle à jouer : elles vendront des produits directement venus du producteur. Les femmes sont donc concernées par le projet ; d’autant que, libérées d’une partie des tâches agricoles grâce à la mécanisation, elles pourront aussi s’investir dans d’autres tâches (développement des petits élevages, éducation des enfants, petits commerces, ou acquérir des formations etc.)
• 2-7 Votre projet est-il conçu et mis en œuvre de manière participative ?
Il sera géré par Enfants-Soleil Haïti sous le contrôle de la fédération. D’autres organismes haïtiens y participeront à plusieurs niveaux. Mais la Fédération Enfants Soleil n’est pas associée à d’autres associations françaises pour ce projet, qui est de taille très modeste.
CONTRATS.
Deux contrats seront proposés : ils sont en cours de rédaction.
¤ L’un, classique, avec l’association Enfants-Soleil Haïti qui sera chargée de sa gestion sur le terrain.
¤ L’autre avec les bénéficiaires qui fera mention des points essentiels à respecter.
Gestion, bilans.
Respect et entretien du matériel.
Suivi et entretien des plantations.
Mise en commun d’une partie des terres.
Pépinière.
Formation.
Participation aux cantines. Etc.
• 2-8 Y a-t-il d’autres partenaires impliqués dans la mise en œuvre du projet ? Si oui, quel sera leur rôle ? Votre projet s’inscrit-il en complémentarité des activités menées par les autres partenaires ?
La mairie de Verrettes avec laquelle nous travaillons régulièrement, est informée du travail de l’association sur la Commune et l’appuie. ODVA . Collèges et écoles. (Formation)
• 2-9 A quels mécanismes de coordination adhérez-vous avec les différents intervenants sur votre zone d’intervention ?
En France :
Collectif Haïti de France.
Certains réseaux très utiles n’étaient pas à notre portée financièrement. Nous y réfléchissons désormais, nos projets pour les années à venir étant plus importants. Nous désirons cependant conserver notre originalité notre faculté d’innover, notre liberté de parole et notre autonomie. Devenir une grande organisation avec salariés et gros budgets ne fait pas partie de nos projets. Nous désirons rester près du terrain et travailler directement des plus pauvres même si nous désirons faire plus chaque année.
Sur le terrain :
Notre but est de travailler avec d’autres organisations de taille moyenne ( haïtiennes ou autres) c’est pourquoi nous avons créé la fédération et la « Maison Enfants-Soleil »à Haïti, qui servira de base de rencontre et d’échange avec des ONG ou autres organisations travaillant dans les mêmes secteurs.
Pour ce projet, nos partenaires sur le terrain sont le centre National de pisciculture de pont Sondé ( formation et aide d’agronomes) le collège de Verrettes, l’école Dumarsais Estimé, la Mairie de Verrettes (recherche de terrains)
• 2-10 Votre projet fait-il l’objet d’un accord avec les autorités haïtiennes ?
Pour le moment, les accréditations auprès du gouvernement haïtien, qui étaient acquises, sont sous les décombres du Ministère. L’Association est en train de reconstituer son dossier. L’Association travaille de plus en plus avec les autorités haïtiennes tout en préservant son autonomie. Nous enverrons le projet au Ministère de l’Agriculture.
La Mairie de Verrettes nous apporte son soutien pour toutes les réalisations dans la commune. Nous attendons la lettre pour ce projet.
3- Moyens humains et matériels nécessaires à la réalisation du projet ?
Moyens humains :
Pas d’expatrié pour ce projet, mais notre association sur place qui travaille avec ces planteurs depuis plusieurs années. ( deux personnes seront en charge de ce projet)
Un agronome ( qui travaille déjà avec l’association pour la pisciculture sera sollicité, ainsi que l’ODVA. Organisation de développement de la vallée de l’Artibonite). Mais il faut bien dire qu’en général, lorsqu’ils sont sollicités par une association ; les agronomes haïtiens ont des prétentions salariales démesurées! Certains techniciens agricoles aux prétentions plus modestes sont souvent tout aussi compétents et proches des paysans.
Deux ou trois voyages sont prévus cette année en Haïti. ( Tous les bénévoles payent leur voyage)
Moyens matériels :
Construction d’un hangar.
Motoculteurs et pompes.
4- Les différentes étapes de réalisation du projet et leur échéancier
Date de démarrage du projet : dans le mois qui suit le financement.
Durée totale du projet (en nombre de mois) : 2 ans.
Importance de la mise en place et de l’organisation qui conditionne la réussite du projet.
De … (date) à … (date) |
Etapes |
Activités |
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« Projet de développement des cultures vivrières, irrigation, mécanisation et repeuplement en arbres fruitiers » |
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ANNEE 1 |
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Trimestre 1 |
1 |
Organisation du comité. Achat du matériel. |
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Trimestre 1 et 2 |
2 |
Mise en valeur des terres |
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Trimestre 3 |
1 |
Création pépinière |
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Trimestre 4 |
1 |
Plantation arbres fruitiers achetés. |
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ANNEE 2 |
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Trimestre 1 |
3 3 |
Exploitation terres. Bilan de la mise en place. |
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Trimestre 2 |
4 |
Exploitation produits pépinière. |
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Trimestre 3 |
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Plantations arbres fruitiers Pépinière . |
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Trimestre 4 |
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Bilan projet sur 2 ans. |
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FONCTIONNEMENT prévu sur deux ans dans ce projet puis accès à l’autonomie. |
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5- La prise en compte des impacts possibles
¤ Un vrai espoir donné aux familles de sortir de cette condition qui les rejette parfois de la condition humaine. La vie des paysans change radicalement, matériellement et psychologiquement.
¤ Il peut y avoir des jalousies, mais notre système de location des pompes et des motoculteurs évacue ce problème, d’autant que le projet pourra s’étendre peu à peu à d’autres comités et d’autres familles. C’est notre but : des expériences de plus en plus élargies.
¤ Du travail pour quelques dizaines de personnes impliquées indirectement.
¤ Nutrition des élèves de la cantine.
¤ Implication des paysans, d’ordinaire coupés du monde, dans des contacts divers ( Mairie, école, formation, ODVA, CNPH, etc…) Fin de l’isolement.
¤ Prise de responsabilité.
¤ Sur la société : il faut être réaliste : l’impact sera limité vu la taille du projet, mais il existera : commerçant, rôle des femmes, scolarisation, emplois ; d’autant que les paysans seront les moteurs à leur tour, comme le sera l’Ecole Dumarsais Estimé pour la pisciculture, dans le même secteur.
6- La viabilité du projet
Un motoculteur peut durer 15 ans. ..des pompes de 2003 marchent encore très bien. Le matériel est donc
un élément de viabilité.
Ce projet s’installe dans le temps : il faut 3 à 4 ans pour un oranger, 5 à 6 ans pour un manguier pour donner des fruits. Notre aide aux paysans est déjà ancienne : 7 ans, et notre expérience est sérieuse.
Le financement serait suffisant pour installer un projet solide, il tient compte de plusieurs éléments concordants ( eau, type d’agriculture, paysans propriétaires, même si quelques terres nouvelles peuvent être louées.)
Les hommes :
¤ La motivation des paysans (Cela fait trois ans au moins qu’ils demandent ces aides) est un facteur important. D’autre part, les paysans qui vivent de leur terre sont des éléments fiables et connus.
¤ Le membres du comité de départ ont su, jusque là, gérer correctement les aides. Mais nous demandons plus. Les bilans sont une partie importante de la réussite, c’est pourquoi nous avons programmé une formation.
¤ Le comité sera officiellement déclaré à la Mairie. Les paysans prendront ainsi leur responsabilité à travers cette officialisation qui les contraindra à des contacts et à avoir un regard sur leurs activités. (Visites de la Mairie)
¤ La commercialisation en cas de surplus donnera du travail aux femmes, qui, traditionnellement vendent sur les marchés. Les familles entières sont impliquées dans le projet.
Les conditions matérielles :
¤ Les terrains, bien que petits pour la plupart, sont très fertiles. Un canal parallèle au fleuve
Artibonite permet une irrigation durant toute la saison sèche.
¤ Les débouchés (en cas de surplus) sont proches et nombreux. ( Avec les réfugiés, il y a un
manque de nourriture provenant de l’agriculture dans tout le pays.)
¤ Comme ils le font déjà, les paysans pourront louer le matériel. ( En fait nos louons en même temps le matériel et une personne qui l’utilise, car il n’est pas question de prêter ce matériel.) Ce sera une source de revenu assez conséquente qui assurera une trésorerie. (catastrophes, réparation entretien du matériel, frais divers, rémunération des personnes lors des locations de matériel, voire investissements...)
7- L’évaluation du projet
Notre évaluation aura lieu à la fin de la première année pour la mise en place. : toutes les phases du projet y seront abordées.
La fi de la seconde année verra un bilan de l’ensemble du projet sur deux années.
8- Informations complémentaires que vous souhaitez apporter
Ce projet nous teint particulièrement à coeur, parce que nous sommes persuadés que le développement de l’agriculture est un facteur primordial du développement du pays. Jusque là, on en a beaucoup parlé tout en faisant peu.
Ce projet est de taille modeste, mais de nombreux grands projets se sont perdus, démesurés, mal pensés et mal suivis. Des milliers d’arbres plantés qui se retrouvent coupés par les charbonniers, des complexes piscicoles aujourd’hui complètements abandonnés…grands projets agricoles à gros budget qui n’ont aucun impact sur les paysans pauvres…mais servent des intérêts privés…
Nous choisissons la voie du développement progressif géographiquement. Un projet bien plus important, du même type est en discussion pour le plateau central (Savanne Laboue, commune de Hinche) mais nous préférons avancer prudemment.
Nous pensons d’autre part que les bénéficiaires doivent âtre le centre et le moteur du projet. Un paysan qui a planté un manguier ne va pas le couper. Le monde paysan a besoin, à Haïti, de reconnaissance (contre le mépris habituel) de moyens, de responsabilités. Ces travailleurs qui peuvent nourrir leur pays si on les aide doivent regagner leur dignité.