Le Cinéma Haïtien

Le cinéma autour d’Ha ï ti

 

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Un peu d’histoire

Les premiers pas.

La première manifestation à Haïti, autour du cinéma est presque aussi ancienne que le cinéma lui-même. En effet, c’est en 1899 que se déroula la première manifestation « cinématographique ». La compagnie des Frères Lumière organisa dans la capitale la première projection au « Petit Séminaire ». c’était le 14 décembre. Le monde découvrait alors le cinéma : le première projection publique digne de ce nom eut lieu à Paris quelques années plus tôt seulement (1895)

Quelques jours après, un incendie fut l’objet du premier événement film é sur le territoire haïtien.

C’est le Grand Hôtel ( dans le haut de la ville de Port au Prince, alors quartier chic) qui accueillit des projections plus régulières puis le Théâtre Parisiana quelques années plus tard. C’était le temps du cinéma muet. Le pays, en ce début de siècle, était alors largement tourné vers l’Europe et sa culture.

Le cinéma parlant.

C’est seulement avec l’apparition du cinéma parlant, vers 1935, que furent construites les grandes salles, dont certaines existent encore aujourd’hui (le Rex-Théâtre, Le Paramount, dans la Capitale, alors que se construisaient dans la seconde ville du pays ( Cap Haïtien) une grande salle ( Ciné Eden) et un second Paramount à Jeremy, qui était alors une ville importante au point de vue touristique et culturel. L’influence américaine ( après des années d’occupation ( de 1915 à 1934) se fit bientôt plus visible avec la construction de « drive-in » il y en trois à Port au Prince., tandis que les principaux centres culturels d’influence projetaient aussi des films venus pour la plupart d’Europe ou des USA. En ville, la projection des films était associée à des projections de productions documentaires qui ouvraient au monde et ont aujourd’hui disparu.

Une soif d’images

Christian Féline dit, s’appuyant sur le catalogue du premier forum du cinéma et de l’audiovisuel en Haïti :

« Un tel intérêt [ pour le cinéma] n’est pas circonscrit aux couches urbaine clientes des salles commerciales. D’une manière beaucoup plus large, les formes moderne d’imaginaire révèlent un vif attrait au sein de populations que leur tradition culturelle propre, anciennement familiarisée avec les représentations symbolique ou la narrative visuelle.

A l’issue d’une longue période d’oppression et d’enfermement, l’accès à la plus grande diversité des informations et des programmes est de surcroît perçu comme indissociable du développement démocratique en même temps qu’il offre un vecteur puissant d’échange, d’éducation et sur le monde.

Si cette attente d’  « images » reçoit principalement pour réponse les formes les plus courantes de la production internationale , elle sait se porter, chaque fois que cela a été possible, vers des créations reflétant plus directement le devenir  haïtien. »

 

Les premières réalisations

 

Dès 1925, quelques documentaires et films d’actualité ont été tournés sur place. C’était le « Cinéma variété Journal » qui projetait ses films dans une salle de Port au Prince.

En 1934, un film fut tourné sur place, autour de la visite du Président des USA de l’époque ( Roosevelt) à Cap Haïtien. C’était la fin de l’occupation américaine.

Glenville Peter en 1962, tourna « Les Comédiens » d’après l’écrivain anglais Graham Greene. (150 minutes)

Il faut attendre les années 60 pour que des productions significatives voient le jour à Haïti.

Edouard Guilbaudavait tourné, avec Jean Dominique, le journaliste chroniqueur assassiné, « Mais je suis belle » le premier long métrage haïtien.

Claude Lemoine et Bob Mancuso sont aussi à citer parmi les auteurs de films

Tomas Guttierrez Alian réalise en 1964 « Cumbite » (83 minutes) d’après le célèbre roman de Jacques Roumain, écrivain et poète haïtien, « Gouverneurs de la Rosée » mais ne tourna aucune scène à Haïti même.

« Après avoir passé 15 ans dans les champs de canne à sucre de Cuba, un homme encore jeune revient au pays et retrouve sa famille. C’est une histoire d’amour et de mort. Le jeune homme, Manuel, va être la victime d’une guerre entre deux familles qui des disputent une source vitale pour chacune. La jeune femme qu’aime Manuel appartient à la famille rivale à la sienne. Un terrible drame va se jouer…Mais il faut croire en l’homme.

 

Après l’année 1970

Arnold Antonin

Né à Port au Prince en 1942. Il réalise de plusieurs courts métrages, qui sont des documents engagés sur la vie haïtienne.

1974 Haïti : Au tribunal de Bertrand Roussel.

1975 Duvalier condamne.

1975 Haïti le chemin de la liberté.
L’histoire, en 90 minutes, des habitants d’Haïti, depuis le débarquement de Colomb sur la « Perle du pacifique », jusqu’à la période récente et les luttes difficiles pour la liberté et la démocratie. Une grande et belle fresque forte et instructive.

1976 Art Naïf et répression en Haïti.

1981 Un tonton macoute peut-il être poète ?

1984 Le droit à la parole.

1988 Vingt ans de travail avec les pauvres.

1989 Les droits de l’enfant.

1990 La drogue ne pardonne pas.

1993 Port au Prince. La troisième guerre mondiale a déjà eu lieu.

2000 Tiga.

2002 Piwili et le Zenglando

 

Bien-aimé Jean-Gardy.

Né en 1959 à Port au Prince. Il est cinéaste réalisateur. Il a travaillé pour la télévision. La plupart de ses films sont des enquêtes sociales.

1988 Les gens de Bien

1991 L’enquête se poursuit.

1992 Le Cap à la une. Fiction. Vidéo 90 minutes.

1997 Cicatrice 1 Fiction. Vidéo . 100 minutes.

1998 Père de mon fils.

1999 Cicatrice II

2002 Millionnaire par erreur.

2002 Protège-moi.

 

  Brewster Joe

1995 The Keeper (90 minutes)

 

Cajuste Raymond

Né en 1942 à Haïti.

1981 Voyage de rêve (avec Collis Davis)

La triste odyssée des Boats people qui risquent leur vie pour réaliser leur rêvent de vivre mieux et qui finissent dans les camps de réfugiés aux USA.

 

Chartrand Martine

2003 Black soul

Court métrage 9 minutes.

 

Coulanges Claudette

Née en 1959 à Haïti. A appris le cinéma à l’école cubaine, puis en Allemagne.

Chercher la vie. Long métrage Documentaire.

Arana Violeta Court métrage de fiction.

La Isla de la Isla Documentaire.

Lilith y Eva Court métrage Fiction.

 

Delatour Mario

Travaille dans divers pays d’Europe de aux USA. Documents pour la télévision.

1998 Haïti Entre la vie et le cauchemar. Documentaire 10 mn.

L’histoire d’Haïti en quelques grands traits, mettant en évidence les problèmes passés qui se retrouvent dans le présent des années 90. Quel espoir pour ce pays au passé si lourd et au présent si incertain ?

2003 Portrait de Roussan Camille quarante ans après. (52 minutes)

 

Delerme Raynald

Founérailles

La femme de mon ami. Fiction Vidéo 115 minutes.

Pour l’amour de Suzie

Sherico SA

Les gens de bien

Infidélités Film vidéo Couleur 115 minutes.

 

Demme Jonathan

Né en 1944 à Long Island ( New York)

 2004 L’Agronomiste. Documentaire.

Quelques épisodes de la vie du journaliste assassiné le 3 avril 2000 :Jean Dominique. Jonathan Demme fut un ami de Jean Dominique, durant les quinze dernières années de sa vie. Homme de presse et de télévision, agronome, Jean Dominique fut un opposant de premier plan au régime Aristide, chassé du pouvoir en 2003.

« The Agronomist » est un portrait de ce défenseur de la liberté et de la démocratie, mystérieusement assassiné sans que l’enquête ait encore pu révéler l’identité des assassins. Le film retrace sa vie entre les années 80 et 2000. 20 ans de luttes, sous le régime des Duvalier et d’autres qui suivirent, jusqu’à celui d’Aristide, héros populaire, prêtre des bidonvilles, devenu président puis dictateur lui même.

Plusieurs fois exilé, Jean Dominique était dans son pays un chantre de la liberté, iconoclaste et plein d’humour. Sa Radio « Radio Haïti Inter » fur plusieurs fois attaquée et finalement détruite pas les sbires de Bébé Doc ( Duvalier Fils). Michèle Montas, sa veuve, qui reprit continua un temps à diriger la radio, finit par s’exiler elle même tans les difficulté d’une presse libre étaient grandes et les menaces présentes.

Jonathan Demme est entre autres très nombreux films l’auteur de « Silence des agneaux ».

 

Denis Maxence

 2001 E pluribus unum.

Moyen métrage (25 mn)

 

Dessout Véronica ( Réalisatrice guadeloupéenne)

1998 Les âmes sont venues.

Vidéo Documentaire 54 minutes. Le vaudou dans les différentes formes de l’Art Haïtien.

1992 Erzulie la magnifique.

La déesse vaudou à travers ses diverses représentations.

 

Guilbaud Edouard.

Né en 1930. A appris le cinéma à l’IDHEC. A beaucoup travaillé aux USA. Documentaires

 

Haas Elsie et Amilcar Nixon.

2004 Bonjour la rézoné 56 minutes (Américain)

 

Labuchin Rassoul.

Né en 1939 à Port au Prince. Fut acteur dans « gouverneur de la Rosée »

 1980 Anita.

Ila fait connaître au monde la condition des petites gens avec l’histoire d’Anita » une petite « restavek », l’une de ces enfants qui sont confiés par des familles trop pauvres pour les nourrir à d’autres familles un peu plus aisées qui ne manquent pas, trop souvent, de les battre et les exploiter comme des esclaves. Ce film a bénéficié d’un grand succès, bien au delà des frontières haïtiennes. On y rencontre la misère, les croyances haïtiennes, la culture informelle du pays dans les milieux populaires.

1976 M ap pale net   (Coscénariste avec Raphaël Stines)

 

Lafontant Carl

Né en 1946. Vit au Canada. A aussi réalisé des documentaires.

  L’Orchidée ( Avec Rachelle magloire.)

Jacmel (avec Rachelle Magloire)

2001 Coin d’œil. Court métrage vidéo de fiction pour la télévision. Avec humour, quelques petites scènes de vie quotidienne typiquement haïtienne, où se mêlent rêve et réalité. ( Avec Roland Paret )

2001 Parasol.

 

Lamothe Jerry.

2001 Amour infinity

 

Lemoine Michèle.

Née en 1956 à Port au Prince. Elle a fait des études de théâtre et de cinéma.

1988 Chronique des femmes oiseaux. (Documentaire)

A la manière des femmes d’Affaires africaines, deux imposantes personnalités féminines prennent en main leur destin.

Elle a participé aux films :

1994 Aimé Césaire, une voix pour l’histoire Série documentaire réalisée par Euzhan Palcy.

2000 Le profit et rien d’autre. Documentaire. Tourné par Raoul Peck.

2001 Les enfants du coup d’état. Documentaire de Rachelle Magloire pour la télévision.

2003 Tchala L’Argent des rêves. (Documentaire 50 minutes)

 

Leth Peter

 

2002 Dreamers

Documentaire (45 minutes)

 

Lopez Rigoberto.

2000 Port au Prince Moi

 

Lubin Réginald.

Né en 1961 à Port au Prince. Médecin , il a étudié et travaillé aux USA. Spécialiste des maladies sexuellement transmissibles, ses films abordent ce thème à travers la fiction.

1993 Pouki se mouen. (Pourquoi c’est moi) ( Avec Richard Sénécal)

L’insidieuse entrée de la maladie dans la vie d’un jeune homme. Un drame de l’ignorance et de l’inconscience. Un jeune homme venu faire ses études à Port au Prince rapporte chez lui et transmet à sa jeune épouse le virus mortel.

La peur d’aimer.

 

Magloire Laurence.

Née en 1958. A vécu et travaille au Canada. Elle a réalisé des documentaires courts métrages sur la francophonie.

 2002 Of men and gods. ( avec Anne Lescot)

 

Magloire Rachelle.

Née en 1961 à Port au Prince. Elle étudie le cinéma au Québec. A travaillé à Télé Haïti. Co-fondatrice de Fanal Production avec Carl Lafontant. L’une des rares sociétés de production haïtiennes.

1997 Kalfou plezi pye ( documentaire pour le festival « Vues d’Afrique »

Un documentaire vidéo de 35 minutes sur la situation terrible des enfants des rues à Haïti. Prostitution, drogue et violence.

Ki prizon pou Ayiti. ( Festival « Vues d’Afrique ») Documentaire vidéo.

Ki prizon pou fanm ak timoun (festival « Vues d’Afrique ») Documentaire vidéo.

Elle a participé aux films :

L’orchidée réalisé par Carl Lafontant.

Jacmel réalisé par Carl Lafontant.

2000 No more crying in silence.

 

Michel Emeline (Guadeloupe)

1993 Divine Haïti.

Une exploration de l’aspect fantastique de l’Art Haïtien. Du passé obscur des croyances dans les royaumes d’Afrique aux présents brésilien et haïtien où vivent les descendants des premiers esclaves.

 

Monpierre Mariette ( réalisatrice Martiniquaise)

1998 Sweet Micky for President. Documentaire vidéo pour la télévision. 20 minutes.

Chronique des prétentions présidentielles du chanteur populaire Michel Martelli. Arriviste populiste ou vrai présidentiable… ? Sweet Micky fut le candidat malheureux de la présidentielle ( la première) qui l’opposa à Jean Bertrand Aristide.

 

Najman Charles

Charles Najman est écrivain, romans, essais, journaliste indépendant- il a travaillé pou Libération, Les Nouvelles Littéraires, La Matin, L’Autre journal , Politis, L’Etudiant, L’Evénement, Télérama, Géo, Inrockuptibles etc. ( voir rubrique « écrivains ») cinéaste, auteur de documentaires et de longs métrages de fiction.

Charles Najman a présenté son œuvre au SEL de Sèvres pour Enfants Soleil, lors des semaines sur Haït décembre 2004. Qu’il en soit remercié.

 Œuvres cinématographiques autour d’Haïti.

1991 Le serment du Bois caïman.

Un moment clé de la libération d’Haïti, passé dans la légende et célébré dans de nombreuses oeuvres d’art haïtiennes.

1992 Les frères parents .

Prix de la meilleure réalisation musicale au festival de Montréal.

1993 Les Revenants .

Prix Arts et culture du festival d’Angers .

1998 Zombies .

2002 Royal Bonbon .

2003 La fin des chimères.

Documentaire sur le chute du président Aristide.

Lauréat du prix Jean Vigot 2002 qui récompense une oeuvre pour son innovation et sa créativité. Entièrement tourné à Haïti avec des artistes amateurs haïtiens. Sélection officielle des festivals de Toronto et Locarno.

A Cap Haïtien, un drôle de personnage un peu fou, se prend pour le roi Christophe, ancien esclave et libérateur d’Haïti en 1804, qui fit ériger dans le pays de monumentales forteresses-palais. Souffre-douleur de la population, le roi « cha cha », comme on le surnomme, se réfugie dans les ruines grandioses de l’ancien palais « sans soucis » en compagnie d’un jeune garçon, Thimothée, qu’il a pris sous sa protection. Là, grâce à ses talents de persuasion et l’attrait de sa fascinante folie, il reconstitue une cour de pacotille et règne sur l’absurde dans les ruines aussi majestueuses que sa folie.

«  Ce qui m’a fasciné en Haïti, c’est que la mémoire y est bloquée, figée sur 1804, l’année de sa naissance, de son indépendance. Mais il y a un tel écart entre cette grandeur du passé et la réalité de la vie des Haïtiens d’aujourd’hui que parfois, cela rend fous les Haïtiens qui s’identifient à leurs libérateurs. »

 

Raoul Peck

A partir des années 80 réalise plusieurs documentaires et quelques longs métrages de fiction. Les producteurs sont Allemands, Français… Raoul Peck est, entre autres un réalisateur haïtien ; Ingénieur économiste, journaliste, photographe, ancien Ministre de la culture d’Haïti, il a réalisé

1988 Haïtian Corner 

Court métrage de fiction en 16 mm 98 minutes

1993  L’Homme sur les Quais  35mm 105 minutes Premier film haïtien en compétition au festival de Cannes.

1994   Desounen, dialogue avec la mort 

1994   Haïti ; le silence des chiens 

  Chère Catherine » Documentaire.

1997 Corps Plongés 

2000 « Lumumba, mort d’un prophète »

Sélectionné au festival de Cannes 35 mm Couleur Documentaire Essai. L’ascension et l’assassinat de ce Ministre de la jeune république du Congo, qui est devenu un mythe en défendant des idées socialistes et la liberté de son peuple. Lumumba apparaît comme le Che Guevarra du Congo…ou d’Afrique.

2000 Le profit et rien d’autre (Documentaire réalisé pour la télévision).

 

Sénécal Richard  .

Né à Haïti en 1967. A réalisé de très nombreux films publicitaires et clips vidéo.

1988 Ritounel Emission de télévision pour enfants.

1988 Les Nouvelles aventures de Laguichatte. Coréalisé avec Jean-Pierre Brax.

1998 Chère Catherine Coréalisé avec Raoul Peck

A participé aux films :

1998 Corps Plongés (de Raoul Peck)

1995 Pouki se mouen ( de Réginald Lubin)

2002 Barikad (Projet d’aide aux télévisions haïtiennes de la coopération française)

 

Solas Humberto. ( Réalisateur cubain)

1974 Simparele. (Moyen métrage cubain)

Voyage à travers le théâtre, la musique, la danse et d’autres représentations artistiques qui racontent la lutte pour la liberté du peuple haïtien depuis la fin de l’esclavage jusqu’à la dictature Duvalier.

 

Stines Raphaël

Né en 1933 à Port au Prince. Apprend le cinéma dans les grandes écoles américaines. Auteurs de nombreux documentaires et séries télévision.

1976 M ap pale net

Une libre adaptation créole de la pièce de Jean Cocteau « Le bel indifférent » Les tourments d’une épouse que son mari, volage et indifférent, délaisse et trompe. Problèmes conjugaux et couleur locale.

2001 Bouki nan Paradi

D’après la pièce de Franck Fouché. Un conte comédie sur l’idée que qui vous promet le paradis, et peut-être mieux encore, pourrait bien être un charlatan.

Crazé l’anfè

 

Voltaire Frantz

2002 Les chemins de la mémoire. ( 60 minutes) USA