L’Ambassade de France à Haïti a financé ce projet ( première tranche) à hauteur de 52%, dans le cadre de la Coopération Française.

Le reste a été financé par les fonds propres de l’Association et les bénéficiaires.

 

Réhabilitation du centre de soins « Bon Samaritain ». Ouanaminthe. Haïti.
Construction d’une école.
   

Bilan Images Centre de Soin Images Ecole Lettre Soeur Eliane

I.  Résumé du projet

Le centre de soins.

L’association Enfants Soleil aide depuis de nombreuses années ans un centre de soin de Ouanaminthe, « Le Bon Samaritain » dirigé par une religieuse, Sœur Eliane, infirmière, qui depuis des années assume l’énorme tâche de recevoir des personnes âgée, qui sont des femmes totalement démunies,  de les soigner, de les nourrir et de soigner les personnes démunies. Les locaux qui accueillent des personnes âgées dans le centre de soins, étaient vétustes et devaient être réhabilités : sécurisés,  rénovés, nettoyés, carrelés et repeints. Sœur Eliane qui gère ce centre avec d’autres femmes, ne peut assumer ces réparations, ni physiquement, ni financièrement. Ces travaux, étaient nécessaires pour l’hygiène des pensionnaires et la conservation des locaux. Il fallait aussi « paysager » le parc. Il s’agit de permettre à ces femmes, totalement démunies et seules, de finir leur vie dignement, de leur rendre tout ce qu’elles ont donné aux autres durant leur vie de labeur et de misère.

L’école.

Beaucoup d’enfants, trop pauvres, à Ouanaminthe, ne peuvent aller à l’école. Sœur Eliane, qui dispose d’un espace approprié et libre, mais délabré, qui était un ancien poulailler, dans le parc du centre de soins qu’elle dirige, nous a demandé de l’aider à créer une école dans cette salle pour donner une chance aux enfants déshérités du quartier de sortir de la misère. Le projet implique : une reconstruction du local, destiné à l’école, un aménagement de cette partie du parc en cour de récréation avec un petit jardin pédagogique, l’achat de matériel scolaire, le recrutement de trois enseignants, la mise en place d’un suivi de santé pour les enfants avec l’aménagement d’une petite pharmacie de premier soins, spécifique à l’école et d’une cantine. L’intégration de l’école aux activités « Culture Cinéma » qui se mettent en place dans les établissements de la région avec le concours de l’association Enfants Soleil est prévue.

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II.  Le Contexte

Les visiteurs sont rares à Haïti, mais ceux qui y travaillent en reviennent en gardant dans leur coeur les images indescriptibles, insupportables, d’une misère indigne de la condition humaine. Des milliers de personnes vivent sur les tas d’ordures où elles cherchent leur nourriture quotidienne, mangent des galettes d’argile, toxiques, pour couper la faim. Le sida, la malaria, les diarrhées  endémiques, la tuberculose, les infections respiratoires,  font des ravages dans la population qui n’a pas accès aux soins. L’espérance de vie est aujourd’hui de 49 ans. La violence traumatise les enfants. D’immenses bidonvilles insalubres entourent les villes et s’agrandissent à mesure que les campagnes se vident.
Les femmes, dans cette population, sont très souvent le moteur essentiel de la survie de la famille et du développement du pays.

Le département du Nord-Est est l’un des plus déshérités d ’Haïti, le pays étant lui même l’un des plus pauvres de la planète. Ceux qui souffrent le plus de cette misère sont les femmes, les enfants et les personnes âgées, le plus souvent sans familles ou sans moyens d’existence et victimes de la faim, n’ayant pas accès aux soins et, pour les enfants, n’ayant pas accès à l’école.
Ouanaminthe est une commune de 25000 habitants. 80% de ces habitants vivent sous le seuil absolu de pauvreté ( moins d’un dollar par jour). Les enfants ont souvent faim. La malnutrition est générale. L’aide à cette population est l’un des objectifs principaux du Programme d’Aide Alimentaire Mondiale ( PAM).  Il n’y avait pas d’électricité depuis 15 ans dans la ville. Le Nord-Est est une région très touchée par les tempêtes tropicales et les cyclones. Les rues, impraticables en saison des pluies sont des torrents de boue. La grande route qui devait relier Cap Haïtien au Nord-Est était en construction depuis des années, mais les intempéries la détruisaient parfois au fur et à mesure de sa construction. Elle est aujourd’hui terminée et très belle. Le département est désormais moins isolé du reste du territoire.
La région a subi de grandes violences et de nombreuses destructions au cours des événements sanglants des  années 2004-2006.  Il n’y a ni téléphone fixe ni autre moyen de communication que le téléphone cellulaire. L’insécurité y est encore grande. Personne ne sort plus dès que le nuit tombe, par peur des attaques de bandes armées et de kidnappings encore fréquents. Désormais, la sécurité est en progrès très nets.
Bien que très proche de la République Dominicaine, le département est enclavé, la frontière est souvent fermée à cause des tensions qui existent entre les deux pays et de l’immigration qui n’est plus maîtrisée vers le pays voisin. Il fallait une journée entière, pour aller de la capitale, Port au Prince,  à Ouanaminthe. Désormais, avec la réfection partielle de la route Port au Prince Cap Haïtien, il faut huit heures, avec une bonne voiture et en saison sèche. Il y a près d’un million de réfugiés économiques en République Dominicaine. De nombreux Haïtiens tentent journellement de passer la frontière pour aller chercher l’espoir ailleurs. Les embarcations de réfugiés  qui tentent de gagner les Etats unis font de nombreuses victimes.
La zone franche, installée près de la ville, n’a pas réussi à  impulser un démarrage de l’économie du secteur ; de plus elle a été installée dans une zone de terres riches, avec beaucoup d’expropriations de petits paysans, créant de graves conflits. La plupart des habitants sont des paysans très pauvres qui vivent dans les zones montagneuses très isolées, avec des lopins de terre trop petits et mal mis en valeur faute de moyens.

 

La situation de l’éducation à Haïti et dans le Nord Est d’Haïti.
Selon une étude publiée par les Nations Unies et le Gouvernement haïtien, un tiers des enfants d'âge scolaire n'a pas accès à l'école. Qui plus est, seule une petite minorité d'enfants restera à l'école au moins quatre années consécutives. Quant aux installations, la majorité des écoles sont improvisées dans des bâtiments qui n'ont pas été conçus à cette fin. Seules 21 % d'entre elles ont l'électricité et 42 % possèdent l'eau courante. 
Rappelons aussi que l'école en Haïti est obligatoire, mais pas nécessairement gratuite, et de moins en moins publique. La qualité variable de l'enseignement, les problèmes de malnutrition, les piètres conditions matérielles, l'analphabétisme des parents (au moins de 70 %), l'absence de bibliothèques publiques ou scolaires, l'éloignement des écoles et l'absence d'électricité dans les foyers sont d'autres éléments responsables du taux de scolarisation peu élevé. Seul 1,2 % de la population s’engage dans des études supérieures. Environ 500000 enfants, dans le pays, n’ont même pas accès à l’éducation de base. Enfin, la qualité et l’efficacité de l’éducation offerte sont très faibles, avec seulement 35% des enfants qui atteignent la cinquième année de l’école primaire. (République d’Haïti. Cadre de coopération Intérimaire. 2004-2006. )
 D’autre part, phénomène grave qui se développe, appuyé sur la misère et profitant de l’espoir des parents d’en faire sortir leurs enfants, une partie de l’éducation est assurée par des institutions religieuses, payantes, qui sont très souvent de nature sectaire, plus préoccupées de manipuler une population fragilisée que d’assurer son avenir. Haïti est sans doute, au même titre que les autres pays les plus pauvres, l’un de pays du monde où l’envahissement des sectes est le plus évident.
La situation de l’éducation dans le département du Nord Est, déshérité, est très critique. Le système éducatif haïtien est largement le plus sinistré de tout le continent américain. Un jeune de 15 à 24 ans sur trois est illettré (Rapport sur le développement humain. 2005) Le taux net de scolarisation dans l’enseignement fondamental est de 61%, officiellement. (Source MENJS) mais il ne tient pas compte des zones rurales où seuls 23% des enfants en âge scolaire fréquentent l’école. La philosophie de l’association est d’apporter une aide, mais de réaliser des projets susceptibles d’être à terme gérés en autonomie. Il convient d’opérer des transferts de compétences et de responsabilité, et, contractuellement, d’intégrer aux projets les forces vives de la nation, et en particulier les femmes. Pour cela, il est nécessaire de mettre en œuvre des projets générateurs de revenus.

Les plus aigus des problèmes sont :
¤  Les conditions de vie misérables : nutrition et santé.
¤  La scolarisation des enfants.
Cette pauvreté extrême entraîne l’émigration vers la République Dominicaine voisine, soit pour y suivre des études, soit pour essayer d’y trouver une vie meilleure. Hélas, la vie des immigrés haïtiens en République Dominicaine est souvent aussi difficile qu’à Haïti. Les haïtiens y sont souvent employés comme « braceros » (coupeurs de canne) en situation de quasi esclavage. D’autres réussissent à travailler dans le bâtiment où ils sont exploités, n’ayant le plus souvent aucun papier. D’autres travaillent dans les complexes touristiques. Pour les enfants et les adolescents, la situation est encore pire : survivant de « petits  boulots » ils sont  la proie des exploiteurs et tombent souvent dans la mendicité ou la prostitution, qui touche particulièrement les filles. L’illettrisme, la pauvreté extrême les vouent à cette situation.
Dans le pays, la condition de « Restavek », enfants esclaves, à la disposition totale de leur maître jour et nuit, est souvent leur lot. Beaucoup d’enfants pour survivre et aider leur famille sont contraints de travailler dès le plus jeune âge. Ils sont alors placés dans des familles un peu moins pauvres, et sont  réduits à l’état de petits esclaves domestiques, subissant un travail forcé, de 5 heures du matin jusqu’à la nuit,  subissant quelquefois des sévices de tous ordres, avec, parfois, pour toute nourriture, une assiette de riz. Ceux qui vont à l’école habitent souvent très loin et sont contraints de marcher pendant des heures  le matin et le soir, parfois le ventre vide, pieds nus pour ne pas perdre leurs chaussures dans la boue durant la saison des pluies. Parfois, les rivières montent, ils sont obligés d’attendre la fin de la crue, et le lendemain, à l’aube, ils repartent à l’école avec leurs habits mouillés. Un bon nombre ne sont pas du tout scolarisés.

L’Implantation de l’Association dans le Nord-Est

Le département du Nord Est est en pleine évolution : la nouvelle route Cap haïtien - Ouaanaminthe désenclave le département. Il y a désormais de l’électricité au centre ville . La proximité de la République dominicaine est par certains aspects un élément positif.

L’Association est partenaire depuis plus de dix ans :
 ¤  Du Lycée national de Capotille. (460 élèves) : Réfection, sécurisation des locaux, aide aux rentrées scolaires, bibliothèques, informatique, aide à la santé…
¤   Du Collège de l’étoile. (Qui va du primaire jusqu’à la terminale), et qui est passé de quelques dizaines d’élèves il y a quelques années, à 560  aujourd’hui.
¤  Et désormais de l’école « Bon Samaritain » (50 élèves)
La nouvelle tranche du projet est l’informatisation. L’accès aux autoroutes de l’information nous semble faire partie des grandes infrastructures à mettre en place pour que le département, et en particulier professeurs et élèves entrent dans l’ère moderne.
¤  Dispensaire de Capotille ( à 25 Km de Ouanaminthe par une piste difficile parfois inaccessible en période de grosses pluies, sans eau courante ni électricité….) Matériel médical. Médicaments. Pansements, produits d’hygiène médicale… Financement d’une campagne d’information/prévention Hygiène IST dans les écoles et dans toute la commune. ( en cours depuis 1 an). Bilan de santé des enfants des écoles.

Le centre comprend :
¤  Un bâtiment principal, avec toutes les salles d’accueil et de soin et les 3 dortoirs des pensionnaires femmes.
¤  Un bâtiment d’infirmerie. Un bâtiment où vivent les personnels.
¤  Un bâtiment comprenant les dortoirs des hommes, la salle des gardiens.
¤  Un bâtiment cuisine. Buanderie. Réfectoire.
¤  Un Kiosque dans la cour.
¤  Un ancien poulailler. Un parc.
Image : Le bâtiment principal avant travaux.

Le bâtiment principal était peu sûr : l’eau s’infiltrant sous le bâtiment aux fondations fragiles. Toit en mauvais état.
Le mur d’enceinte était délabré. Aucune installation ne permettait d’aller d’un bâtiment à l’autre en évitant la boue, aucune infrastructure pour les gens en fauteuils… Groupe électrogène en panne.

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Ce qui a été fait. (Coût de la première tranche : environ 30000 €)

La réalisation du projet a été entièrement prise en charge par notre équipe sur place association Enfants-Soleil Haïti.
 Un ingénieur, collaborateur de l’association AESH a supervisé les travaux. Nous les remercions pour le travail impeccable effectué pour la première tranche. Cette délégation de responsabilité est l’un des objectifs de notre effort de coopération.

Une grande partie des locaux a pu être réhabilitée dans une première tranche (Oct 08/OCT 09)

  1. Réhabilitation totale d’un centre de soins bâtiments principaux : intérieur

      ¤  Dortoirs  femmes. Réhabilitation totale . Avec carrelages peinture. Electricité. (Les  
           murs étaient envahis par les nids de punaises, et autres locataires, qui incommodaient les
           pensionnaires.  Réparation du toit.
      ¤  Salles de soins. Salle réserve . Murs, carrelages. Plinthes. Peinture.
      ¤  Salle de réception. Salle d’urgence. Bureau. Réception soins externes. (Idem)
      ¤  Bâtiments annexes ( dortoirs hommes salle des gardiens) Assainissement Peinture.

  1. Réhabilitation totale centre de soins extérieur.

            ¤  Toitures. Soubassements. Fondation bâtiment principal et pharmacie.
            ¤  Murs d’enceinte extérieurs, portail principal et portes. Escalier extérieur. Réparation.    
                 Enduits. Peintures.
            ¤  Bâtiments principal : extérieur . ( renforcement, sécurisation)  réfection, réparations, peinture.
            ¤  Aménagement trottoirs inter-bâtiments. Aménagement handicapés ( fauteuil roulants.)
            ¤  Kiosque. Réfection structure. (toiture. Peinture. Trottoirs accès)
            ¤  Murs d’enceinte.  intérieurs bâtiments, réfection peinture.
¤  Parc, jardins. Jardin pédagogique.

  1. Construction d’une école. Réalisations terminées.

¤  Murs extérieurs.
¤  Toiture. Isolement plafond. Murs et fenêtres. Séparations intérieurs classes. (L’ancien poulailler  a été entièrement refait pour en faire une jolie petite école.
¤  Citerne, lavabos, toilettes ont été construits. Mobilier, tableaux.
¤  Tonnelle pour cantine. ( Les enfants y prennent désormais leurs repas.)
¤  3 Dortoirs hommes. Réhabilitation partielle terminée : nettoyage assainissement,  peinture des
     murs.

Travaux restant à réaliser  Environ 40 000 €

 

Centre de soins :
¤  Dortoirs hommes. Réfection des sols avec dalle béton et carrelages céramique, plinthes.
¤  Buanderie. (Dalle béton 27m².) Carrelage, plinthes. Evacuation eaux usées.
Sécurisation ensemble, mur d’enceinte. ( Chevaux de frise , réhaussement, sur toutes les    
parties du mur non visible ( environ 1000m) Piques en fer forgé sur toute la partie façade (environ 300m)


             Ecole.
¤  Aménagement tonnelle : Tables bancs.
¤  Fonctionnement de la cantine. Fonctionnement enseignement.
¤  Fin aménagement jardin pédagogique. Parc.
Une cantine coûte très cher. ( Si on compte un repas par jour, à 50 centimes ( ce qui est vaiment le minimum, car les prix ont beaucoup augmenté, pour 50 élèves, durant 45 semaines, les salaires des cuisinières, le gaz…la cantine revient à plus de 10000 € par an. Cependant, offrir un repas par jour à des enfants est une condition nécessaire et primordiale pour que les enfants puissent suivre une scolarité dans de bonnes conditions. Nous espérons une aide du Programme alimentaire mondial pour 2010.
¤  Informatisation. ( pour gestion, formation des professeurs et des élèves et ciné club )

Nous espérons pour cette seconde tanche une aide de la Coopération décentralisée. Les démarches sont en cours.

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